C’est reparti. Dès samedi 13 août avec deux étapes simultanées à Porrentruy et Lucerne, la caravane des Digitales («Festival itinérant de musiques électroniques», comme l’indique sa description officielle) s’ébroue pour ponctuer le territoire national d’expérimentations sonores. Viendront ensuite Berne (20 août), La Chaux-de-Fonds (le 21), Zurich (28), Bienne (le 3 septembre) et Fribourg (les 10 et 11).

On en rappelle la formule, bien éprouvée depuis 2005 et une première édition lausannoise: Les Digitales s’expérimentent, gratuitement, sur des transats disposés en plein air, dans un espace vert de la ville hôte. Qu’y entend-on? Le rendez-vous est le lieu privilégié des propositions iconoclastes, et qui vont souvent bien au-delà de l’électronisme pur – ou qui plutôt réinterprètent cette manière de faire de la musique avec un sens constant du décalage, de l’inattendu.

Hypnotiseurs modulaires

La marque de fabrique des Digitales, son credo programmatique, est en effet de laisser libre cours à l’inventivité de musiciens très souvent locaux et souvent amateurs – dans le beau sens originel du terme: poètes du quotidien, joyeux obsessionnels, compositeurs du temps libre, détourneurs de pratiques artistiques convenues, débutants énergiques. Au fil des ans, on a pu y observer des gens jouer sur des guitares en miettes, des détraqueurs de platines vinyle, des magiciens du câblage, des trompettistes augmentés, des hypnotiseurs modulaires…

Prise dans sa totalité, la programmation alignera, au long de ses sept stations, une bonne soixantaine de concerts. On n’en donnera pas ici la liste. On se contentera d’un conseil: étendez-vous et laissez-vous happer.