Le Festival Tous Ecrans fête ses 20 ans le regard devant

Audiovisuel Canada et réalité virtuelle en vue

Un nouvel écrin, une touche canadienne et un casque de réalité virtuelle pour marquer l’anniversaire. Dès le 6 novembre, le festival genevois Tous Ecrans fêtera ses 20 ans en opérant «un tournant», promet son directeur, Emmanuel Cuénod. Déjà, en rassemblant ses sélections autour des trois piliers de la manifestation: cinéma, télévision et nouveaux écrans. Au demeurant, après une expérience de gratuité pendant quelques années, les projections seront à nouveau payantes, avec des abonnements thématiques.

Tous Ecrans quitte son bastion du Grütli, jugé saturé, pour investir le Théâtre Pitoëff, à Plainpalais, ses bordures art déco et ses vitraux fleuris. Les animateurs du festival se réjouissent du contraste avec le high-tech qu’ils présenteront en primeur. Tous Ecrans aura son concours public de séries conçues pour le Web. Il montrera aussi des projets croisant les supports, et les premières fictions graphiques conçues pour l’Oculus Rift. Ce casque de représentation 3D est présenté comme la révolution visuelle à venir. En juin, la start-up qui le produit a été achetée par Facebook pour 2 milliards de dollars.

Pitoëff apporte aussi deux plus grandes salles utilisables pour les projections classiques. En ouverture, Le Règne de la beauté, le nouveau film de Denys Arcand. Il inaugurera un focus sur le Canada comportant des films et conférences de Denis Côté et Guy Maddin, ainsi que plusieurs longs-métrages. Ou encore le prometteur téléfeuilleton Série noire sur… l’univers des séries.

Sur grand écran, l’offre est variée, de la production collective Les Ponts de Sarajevo (Jean-Luc Godard et Ursula Meier, entre autres) au thriller Serena, histoire de vengeance d’une femme dans les années 1920 avec Bradley Cooper et Jennifer Lawrence, en passant par le dernier film d’Asia Argento.

Hommage à Chaplin

Il y aura aussi un hommage à Charlie Chaplin avec La Rançon de la gloire, de Xavier Beauvois, porté par Benoît Poelvoorde, ou une balade sur les steppes de Patagonie façon far west pour Viggo Mortensen dans Jauja. A propos de grands paysages, les festivités se concluront avec Gui Lai/Coming home, nouveau drame à large échelle de Zhang Yimou.

Malgré un resserrement sur les Etats-Unis et l’Europe – pas d’œuvre asiatique cette année – les séries présentées offriront une jolie palette, à commencer par une intégrale, la minisérie Olive Kitteridge avec Frances McDormand et Bill Murray, des curiosités de Belgique, Danemark et Pays-Bas, ainsi que plusieurs projets en lien étroit avec le cinéma: la série dérivée de Fargo , la production de Guillermo del Toro The Strain , ou celle de Danny Boyle Babylon . Manière de souligner, selon le président de Tous Ecrans, Raymond Vouillamoz, la perméabilité des genres, «présente depuis les débuts du festival, en 1995». Juste plus marquée au moment où les écrans se multiplient.

Festival Tous Ecrans. Du 6 au 13 novembre. Rens. www.tous-ecrans.com