Coup de tonnerre dans le ciel du cinéma: Lili Hinstin quitte le Locarno Film Festival. Venue du festival Entrevues de Belfort, elle avait été appelée à ce poste en août 2018 pour remplacer Carlo Chatrian, parti diriger la Berlinale. En deux éditions, dont la seconde en format réduit à cause du coronavirus, elle a fait montre d’audace et de goût.

La cinéphile française a récusé les augures craignant une raréfaction de la cinématographie helvétique, voire un émoussement qualitatif lié à la sensibilité féminine. Or Lili Hinstin a programmé des films exigeants, revitalisé la Piazza Grande à l’heure du Crazy Midnight, proposé une rétrospective remarquable consacrée à l’identité africaine et rappelé que les réalisatrices ont la niaque.

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Cette année, une main tendue

Sa seconde édition a su contourner avec finesse les rigueurs de la pandémie en revisitant la riche histoire du festival, en tendant la main à des productions menacées par le covid.

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Compte tenu de «divergences stratégiques», le Locarno Film Festival, sous la présidence de Marco Solari, et la directrice artistique ont pris la décision d’un commun accord, ce 24 septembre 2020, de mettre un terme à leur relation de travail.

Le Locarno Film Festival tient à «exprimer sa gratitude à Lili Hinstin» pour son grand travail dans le domaine artistique au cours des deux dernières années et lui «souhaite tout le succès possible pour l’avenir». Les conseils de direction et d’administration se réuniront prochainement pour discuter de la succession. Pour l’instant, ni le président ni l’ex-directrice artistique ne tiennent à faire de commentaires.

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