«Cette édition s’inscrit dans la continuité de l’histoire du festival», a dit mercredi Frédéric Maire, directeur artistique. «C’est un festival différent des autres, un peu rebelle, ouvert à tous les genres de films.»

Par exemple, une vingtaine de séries télévisées seront montrées dans le cadre de la rétrospective sur le cinéma d’animation japonais. «Il y aura même un long métrage réalisé avec un téléphone portable! Il est signé Pippo Delbono et offre un regard nouveau, différent sur l’Italie d’aujourd’hui.»

Pour son ultime édition à la tête d’un festival qu’il quitte à fin août, le directeur compose à nouveau un menu copieux destiné autant aux cinéphiles qu’au grand public. Le programme valorise comme toujours le jeune cinéma, plus particulièrement européen et asiatique cette année. En revanche, peu de films américains.

«Les questions liées à l’immigration et à l’identité traversent l’ensemble de la sélection. Autre grand thème: les relations toujours plus difficiles entre l’homme et la nature. Conséquence de cette préoccupation, plusieurs oeuvres évoquent la fin du monde ou du moins la fin d’un monde», résume Frédéric Maire.

La compétition principale réunit pour l’instant 18 films, dont quatorze premières mondiales. Ce sont huit longs métrages européens, quatre asiatiques ainsi que des productions venant d’Iran, du Canada, d’Afrique du Sud, du Brésil ou d’Argentine.

La Suisse apparaît dans la course au Léopard d’or avec «Complices», premier long métrage du réalisateur romand Frédéric Mermoud. Cette coproduction franco-suisse raconte une histoire d’amour sur fond d’enquête criminelle, avec Emmanuelle Devos et Gilbert Melki en tête de distribution.

La France y figure avec deux autres films. Ce sont «Au voleur» de Sarah Leonor, avec Guillaume Depardieu dans le rôle principal, et «L’Insurgée» de Laurent Perreau dont l’interprète principal, Michel Piccoli, devrait venir à Locarno.

La rétrospective dédiée au cinéma d’animation japonais constitue l’un des événements de cette édition. Elle va proposer une trentaine de longs métrages représentatifs réalisés entre 1958 et nos jours. Parmi les personnalités annoncées figure un des maîtres du genre, le Japonais Isao Takahata.

L’animation japonaise s’invite également dans le programme de la Piazza Grande avec en particulier la présentation en première mondiale de «Redline» de Takeshi Koike. Une oeuvre «haletante et virtuose sur une course de voitures apocalyptique», indique Frédéric Maire.

L’immense écran sous les étoiles accueillera par ailleurs le nouveau film du Suisse Christoph Schaub. Après «Happy New Year», il revient avec «Giulias Verschwinden» (La disparition de Giulia), une comédie chorale sur le vieillissement et la jeunesse. Le scénario est signé Martin Suter.

Autre film helvétique présenté sur la Piazza, «La Valle delle ombre» (La vallée des ombres) de Mihály Györik. Magie et superstition sont les ingrédients de ce conte sombre et inquiétant tourné dans les montagnes de Suisse italienne.

Le Léopard d’honneur récompensera le metteur en scène américain William Friedkin, auteur notamment de «L’Exorciste» (1973) et de «Crusing» (1981). Quant à l’acteur italien Toni Servillo, il recevra l’Excellence Award (Prix d’excellence) pour l’ensemble de sa carrière.