Classique

Au Festival de Pâques, Renaud Capuçon a rendu hommage à Notre-Dame, sans perdre son énergie

Après une ouverture aixoise joyeuse, Notre-Dame en proie aux flammes a été honorée par un Renaud Capuçon au jeu intense et grave

On sait, en venant au festival de Pâques, que Messes et Passions émaillent le programme. Cette année, Michel Corboz est en charge de la Saint Matthieu de Bach avec son EVL, pour le Vendredi saint. Du côté des messes des morts, les Requiems de Verdi et de Brahms se partagent l’affichent dans un genre très différent. Teodor Currentzis et son ensemble MusicAeterna ont secoué Genève avant de renverser Aix, malgré une acoustique plus ouverte, et une indisposition évidente de la soprano Zarina Abeava, qui fut royale au Victoria Hall.

A ce propos: Teodor Currentzis: la transe et l’extase

Un «Deutsches Requiem» puissant

Après ces explosions verdiennes, Marek Janowski et le Sinfonieorchester de Bâle avec le MDR Rundfunkchor Leipzig proposent une toute autre sensibilité et un univers opposé. Si à Genève, l’orchestre a manqué de nervures et de précision, le chœur impeccable et la direction droite et rigoureuse de l’ancien chef de l’OSR ont composé un Deutsches Requiem solennel et puissant.

Quant aux «Desperate Lovers» révélées mercredi dernier à Genève, elles donneront l’occasion aux Aixois de retrouver ce mardi soir Emmanuelle Haïm et son Concert d’Astrée, avec Sandrine Piau et Tim Mead en solistes. Un bonheur très attendu parmi les 27 concerts que compte l'édition agrandie (trois programmes de plus que l’an passé), où grands noms, jeunesse et fidèles animent la manifestation devenue incontournable.

S'agissant des «Desperate Lovers»: Grâces haendeliennes à Genève

En ouvrant samedi la septième édition avec l’Orchestre national de l’Opéra de Lyon dirigé par Geoffrey Styles dans un programme rassembleur de musiques de film, Renaud Capuçon a accueilli l’audience de façon tout aussi engagée que dans le «grand» répertoire. Mais parmi les six concerts où le violoniste intervient pendant le festival, avant de conclure par sa traditionnelle soirée Carte blanche, son deuxième rendez-vous aura eu une résonance toute particulière.

A propos du festival: Le Festival de Pâques prend des couleurs suisses

Un hommage à Notre-Dame

Pendant que Notre-Dame subissait l’assaut des flammes, le violoniste s’est lancé dans le Poème de Chausson avec une gravité et une concentration qui ont donné une dimension toute particulière à l’œuvre. La lumière s’est aussi invitée, comme en signe d’espoir après l’annonce au micro de l’effarement de l’artiste, partagé dans la salle.

Après un Tzigane charnel, sombre et tourné vers le style rhapsodique des pays de l’Est, le jeune chef Lahav Shani a repris le flambeau ravélien dans une Valse et un Daphnis et Chloé bien construits, mais aux moirures et frissonnements discrets. Avec les Wiener Symphoniker, on a vite saisi que l’esprit viennois l’emportait sur de le français, dans les roboratives Valse Frühlingstimme et Furioso- Polka op.260 de de Johann Strauss données en bis. Public enthousiaste malgré la tristesse générale...


Festival de Pâques d’Aix-en-Provence jusqu’au 28 avril.  

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