Pour résister à la pandémie, il faut une réactivité et une volonté à toute épreuve. Martin Engstroem n’en manque pas. On ne crée ni ne développe sur plus de vingt-sept ans le festival classique le plus prestigieux de Suisse romande sans pugnacité. Voir rebondir le Suédois sur la récente annulation de son rendez-vous estival n’étonne donc pas.

Le fondateur-directeur vient d’annoncer la création d’un fonds de soutien d’urgence aux alumni de l’académie, solistes, chambristes, musiciens d’orchestre, chanteurs et chefs d’orchestre, ainsi qu’aux acteurs de l’ombre qui œuvrent à la production et à la technique en indépendants, auto-entrepreneurs ou dans l’intermittence, et se trouvent brutalement sans emploi ni rémunération.

La directrice des opérations, Câline Yamakawa, précise que «l’action de ce fonds privé n’émarge pas au budget du festival. Il est alimenté par des donateurs déjà engagés ou non dans l’activité de la manifestation.»

Une communauté solidaire

Dès l’annonce de l’annulation, certains se sont manifestés. Martin Engstroem en a contacté d’autres. Le but de cette opération est bien sûr d’aider ceux qui se retrouvent démunis face à l’annulation du festival. Mais il consiste aussi à «resserrer les liens et la solidarité de la communauté du festival autour de cette famille incroyable d’artistes et d’étudiants qui constitue les fondations de la manifestation depuis vingt-sept ans», déclare la responsable.

Pour l’instant, le montant récolté permettra de délivrer entre 1000 et 5000 francs selon les cas, après réception, étude et sélection des dossiers. «Ce fonds n’est pas pérenne. L’action signale l’engagement du festival et de ses partenaires privés en faveur des plus fragiles, à travers une aide temporaire liée aux événements.»