«Accorder les instruments, please!» A Verbier, on est polyglotte, surtout lorsqu'on dirige un orchestre de bambins. C'est un peu la réplique de l'UBS Verbier Festival Youth Orchestra, sauf que ces jeunes sont âgés entre 7 et 12 ans. «On fait tout comme chez les grands», commente Burkhard Lücking, qui a mis sur pied des ateliers destinés aux enfants. Financé par la Coop (20 000 francs), le Festivalino porte bien son nom: on y trouve des filles, des garçons, qui pratiquent la musique classique avec passion.

Pas besoin de sucettes pour motiver ces jeunes artistes qui répètent Music for the Royal Fireworks de Händel et la fameuse marche de Pomp and Circumstance d'Elgar. «Hello, ladies and gentlemen!» annonce le chef d'orchestre Joachim Gresch. Puis c'est une cacophonie générale: chacun y va du sien en testant son instrument, en soufflant dans une trompette, en tapant sur des timbales. Le chef d'orchestre mobilise l‘attention. Il fait jouer l'orchestre entier avant de le sectionner en petites unités. «D'abord, les flûtes et les hautbois!» Le résultat sonore est impressionnant, même s'il écorche un peu les oreilles.

Dès 3 ans

Plutôt que de jouer seuls, les enfants sont accompagnés par des adultes musiciens au sein de l'orchestre. «La musique entre ainsi plus facilement dans l'oreille», explique Burckhard Lücking. Parmi ces jeunes talents, certains semblent avoir scellé leur vocation. «A 3 ans, mon fils voulait déjà jouer du violon», raconte ce Hollandais, avant de confier: «Lorsqu'il pleurait, je mettais des Concertos pour piano de Mozart.» Un vrai conte de fées. Aujourd'hui, ce garçon de huit ans étudie le violon trois heures par jour, connaît par cœur l'enregistrement du Concerto de Sibelius par Maxim Vengerov. «J'ai acheté le DVD pour lui. C'est d'ailleurs à cause de Maxim Vengerov que nous sommes venus à Verbier. Dommage que ses concerts aient été annulés…»

Timothée, lui, est en passe d'avoir 11 ans. Son idole? Ilya Gringolts, qu'il a découvert l'an dernier. «Je l'ai tout de suite aimé. On m'a offert son disque avec le Concerto de Tchaïkovski et celui de Chostakovitch. C'est d'ailleurs avec Chostakovitch qu'Ilya Gringolts a remporté – sauf erreur – le Premier Prix du Concours Paganini.» Timothée parle comme un adulte: «Le problème, au Festivalino, c'est que je suis plus grand que les autres. Des fois, je m'embête.» Il est si doué qu'il participait hier au spectacle organisé par Nicole Coppey, de l'Ecole Un, Deux, Trois, Musiques… de Sion.

C'est donc avec un petit spectacle que l'après-midi s'est terminé. Sous la tente du Festivalino, Nicole Coppey raconte l'histoire de Tampolino qui va rejoindre Edmond sur l'alpage pour apprendre à faire du fromage. Des pièces créatives faites avec des bocaux remplis d'eau, des cylindres en plastique, des djembés, des percussions. Une leçon de musique que partage avec ravissement le public réuni sous la tente.