Gérard Mortier, le directeur du festival, avait prévenu. La nouvelle production de la Chauve-Souris de Johann Strauss, fleuron de l'opérette viennoise, confiée au metteur en scène Hans Neuenfels, serait un miroir tendu au peuple autrichien, afin qu'il réfléchisse sur sa condition et son destin historique. Mortier aurait voulu régler ses comptes avec la presse locale, qui n'a pas beaucoup soutenu sa politique artistique ambitieuse ces dix dernières années, qu'il ne s'y serait pas pris autrement.

Depuis la première, samedi, toutes les représentations de cette Chauve-Souris déclenchent l'hystérie des spectateurs, prenant à partie les personnages sur scène, quand ils ne s'insultent pas entre eux. Au point que, ce soir, Mortier et son metteur en scène viendront s'expliquer sur scène à la fin de la représentation.