Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Bongénie, Rue du Marché, Genève, Suisse.
© SEETHROUGH/Maurice Ziegler

Performance

À la Fête de la Danse, même les mannequins prennent vie

Mercredi et jeudi, la vitrine du magasin Bon Génie, à Genève, verra deux modèles soudainement s’animer. Une pièce chorégraphique de la compagnie Ciemulator qui parle de regard porté et de féminité décomplexée

Un mannequin dans une vitrine, c’est une statue des temps modernes. Une silhouette figée en position angulaire, tête droite, bras en plastique placé sur la hanche. Souvent, on passe sans vraiment la regarder, ou alors juste ses pieds, où l’on scrute le prix de ce trench coat cintré qui nous a fait de l’œil. Un modèle invisible et impassible… jusqu’au jour où il se met à danser.

Les 2 et 3 mai prochains, les badauds et adeptes du lèche-vitrines auront la surprise de voir celle du grand magasin BonGénie, à Genève, prendre vie. À l’occasion de la Fête de la Danse, la compagnie suisse Ciemulator Dance Theatre présente Seethrough, une pièce chorégraphique d’une quinzaine de minutes qui verra deux mannequins s’animer sous les spots, explorer leur physicalité, jouer avec leurs tenues et, a fortiori, leur identité.

«La question du vêtement, et la manière dont il module le regard qu’on porte les uns sur les autres, m’intéresse particulièrement, détaille Marine Besnard, chorégraphe et directrice artistique de la compagnie. Le fait d’adopter un look ou l’autre influence la manière dont nous sommes perçus mais aussi comment nous nous sentons et comment nous bougeons.»

Féminité forte et légère

Derrière la vitre, deux jeunes danseuses zurichoises virevolteront avec aisance, changeant de tenue comme de personnage. Une féminité sans complexes, loin de l’image de poupée ou de produit de consommation que peut véhiculer cet espace exposé. «Plus qu’un cri sur la condition de la femme, je souhaitais la représenter forte et confiante, note Marine Besnard. Ces mannequins s’éveillent, ils prennent conscience et le contrôle d’eux-mêmes. Choisir un vêtement, c’est ici assumer le type de féminité qui leur correspond, à la fois avec force et légèreté.»

Avant tout, Seethrough vise à raconter une histoire en mouvements dans un lieu où l’on voit rarement fleurir la danse. La compagnie Ciemulator n’en est d’ailleurs pas à sa première expérience du genre. L’an dernier, elle se promenait dans les rues de Carouge, invitant les spectateurs à s’immerger dans une performance faisant appel à tous ses sens. «En tant que chorégraphe, ces lieux m’inspirent. Ils offrent une proximité avec le public qu’on ne retrouve pas sur scène. Par exemple, pour l’inauguration du Crédit Suisse de la place Bel Air il y a quelques années, nous avions investi les comptoirs de l’accueil!»

«En faire plus» pour attirer l’œil

Derrière la vitre, un défi nouveau se posera cependant. «Le risque est cet effet de bulle: puisque les passants n’entendront pas les respirations des danseurs, ni les bruissements de leurs costumes, il faudra en faire plus pour attirer l’attention et transmettre des émotions». Sans parler de l’espace réduit: samedi, Seethrough s’invitera derrière la vitrine du magasin Freitag, à Zurich. Une arcade de 80 centimètres de profondeur où l’on imagine les mannequins se contorsionner avec habileté, et une vitalité tout humaine.


«Seethrough», vitrine de Bon Génie, 34 rue du Marché. Me 2 mai à 14:30, 15:00, 16:00, 16:30. et je 3 mai à 12:30, 17:30, 18:00, 19:00, 19:30. Fête de la Danse

Publicité
Publicité

La dernière vidéo culture

Le performeur Yann Marussich se fait imprimer Le Temps sur le corps

Un soir à la rédaction du Temps. La salle de réunion est transformée en labo photo géant éclairé de rouge. Au milieu de la pièce, l'artiste Yann Marussich, rendu photosensible. Sur son corps nu se développent des titres du «Temps». 60 spectateurs assistent à l'expérience qui dure 45 minutes.

Le performeur Yann Marussich se fait imprimer Le Temps sur le corps

n/a
© Arnaud Mathier/Le Temps