«J'étais déjà allée à la Fête en 1977 un peu par hasard, parce qu'Apothéloz nous avait offert des billets, à mon mari et moi-même. J'avais aimé le spectacle mais je l'ai revu récemment en cassette, pour la préparation de ma Chronique vigneronne, et je dois dire que cela a terriblement mal vieilli. Cette année aussi, je pensais d'abord rester à l'écart, mais on m'a de nouveau offert un billet. Qu'on le veuille ou non, c'est un événement marquant, alors on a un peu peur de rater quelque chose.

» J'ai trouvé regrettable qu'il ait fallu sacrifier des arbres sur la place, mais je reconnais que la vue dégagée a de l'allure. C'est aussi devenu tellement mercantile, depuis tous les gadgets qu'il faut vendre jusqu'aux 250 francs que coûte un billet. On a tellement gonflé la chose. Est-ce que la fête tiendra le coup à cette échelle? Et est-ce qu'on osera encore porter un regard plus critique?

» Le côté positif, c'est cette mobilisation de toute une région. C'est un vrai spectacle populaire. Au début, ce n'était guère plus qu'un cortège au terme duquel on distinguait les meilleurs tâcherons. Aujourd'hui, les médailles sont remises à l'écart et ça, c'est dommage. Mon film tente précisément de rappeler tout le travail qu'il y a derrière chaque verre de vin.»