«Je vais aller à la Fête des Vignerons 1999, ce sera la première fois. C'est quelque chose de très spécifique à la Suisse, et j'ai envie de voir ce que c'est. Je me sens interpellé par ce besoin de célébration, par l'engouement que suscite cette fête. Je n'y vais pas dans l'idée de porter un jugement sur la qualité du spectacle, mais plutôt en tant qu'ethnologue. Ce qui m'intéresse surtout, c'est la nécessité de marquer le temps que traduit un tel événement.

» Le temps est un produit de plus en plus précieux, de plus en plus précis, de plus en plus complexe, mais aussi qui fait de plus en plus problème. Nous vivons dans une société où l'on peut tout savoir tout le temps sur tout, et là en revanche on nous raconte une histoire, l'histoire d'un travail bien fait, qui se déroule au rythme des saisons. Cela pose toute la question de notre relation au temps en cette fin de millénaire.

» Je me demande aussi si une fête comme celle-ci, où l'on est entraîné à beaucoup boire, est encore adaptée à une société où tout le monde se déplace en voiture!»