Sexualités

La Fête du slip lutte contre les coutures qui limitent

«L’autre, c’est moi», pourrait être le credo de ce festival qui, depuis cinq ans, à Lausanne, décloisonne les genres et les sexualités sans morosité. Dernière soirée, ce vendredi, à Sévelin. Et ça va secouer

Cet article fait partie de l'édition spéciale «Les femmes font Le Temps», écrite par une cinquantaine de femmes remarquables, et publiée lundi 6 mars 2017.


Le nom est costaud et le principe l’est tout autant. Pour la cinquième année consécutive, La Fête du slip amène à Lausanne un air de sédition en matière de genres et de sexualités.

Festival «sexy et intelligent» emmené par Viviane et Stéphane Morey, la manifestation qui vient de courir sur trois week-ends et dans sept lieux de la ville vise toujours le même objectif: «redonner à la culture sa dimension démocratique, de lieu d’échange d’idées, d’expériences et de contradictions». A l’affiche, de la danse, de la musique, des installations, des performances et du porno alternatif, soit du porno dans lequel la femme quitte son statut d’objet pour devenir sujet.

Il est donc capital d’entretenir les valeurs du dialogue et du vivre-ensemble

La démarche semble folklorique? C’est faux. 2016 a été marquée par un phénomène de «backlash» ou retour en arrière inquiétant en matière d’égalité entre les femmes et les hommes. L’élection de Donald Trump, conservateur opposé à l’avortement, la «manif pour tous» militant en France contre les projets d’union civile pour les homosexuel (le) s ou les positions de l’UDC en Suisse sur le viol sont autant d’assauts antiféministes qui alertent.

«Il est donc capital d’entretenir les valeurs du dialogue et du vivre-ensemble, de savoir reconnaître en nous ces «autres» que l’on croit si différent(e) s», clament les organisateurs. Et le mérite de La Fête du Slip, c’est de mener cette croisade en totale décomplexion, avec des propositions allumées qui font réfléchir sans plomber.

Soirée de clôture

L’ultime rendez-vous du Festival? Une soirée de danse au Théâtre Sévelin, le 10 mars prochain. On découvrira la réalité compliquée d’un Kurde transsexuel, une cérémonie d’auto-confession où quatre danseurs exposeront leur histoire personnelle et une création explosive autour du corps parfait et de la monstruosité. Le tout se terminera sur le dancefloor, avec les sets de Stastava, présentée comme une «diggueuse de premier ordre». Ca va secouer.


Fête du slip, à Lausanne jusqu’au 10 mars.

Dossier
Les femmes font Le Temps

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