festival

Fiction TV: cinq perles repérées à Séries Mania

Le festival de Lille présente une large palette de feuilletons. Cinq pistes pour les mois à venir, d’Israël aux Pays-Bas, à propos d’autistes marrants ou de navrants trafiquants

De la faconde israélienne à une plongée dans les ténèbres des Pays-Bas: ces jours, le festival Séries Mania bat son plein à Lille, et la palette qu’il offre aux amateurs est particulièrement large. Quelques pistes – il s’agit souvent de premières mondiales, leur diffusion sera à suivre.

A propos des festivals de Cannes et de Lille: La guerre des festivals de séries TV est ouverte

D’Israël, donc, vient ce qui pourrait être le favori du palmarès. On the Spectrum raconte les journées de trois adultes autistes et leurs tuteurs. La jeune femme travaille dans un kebab et rêve d’une rencontre amoureuse, au moins d’une aventure. L’un des hommes est un génie en informatique qui enchaîne les entretiens d’embauche mais les rate tous; l’autre, un boulimique qui courtise la serveuse du bistrot du coin. Tous sont interprétés par des comédiens professionnels épatants dans leur manière de s’approprier leurs héros obsessionnels. Sur un terrain miné, cette série de la chaîne Yes lève les préjugés et les apitoiements.

Les thrillers ne manquent pas, on peut signaler The Disappearance. Sur un thème dans l’air du temps, ce suspense canadien à la construction innovante raconte la disparition d’un jeune garçon dans un quartier boisé de banlieue. Anthony, gamin brillant qui connaît les secrets du quartier, vit surtout avec son grand-père (incarné par Peter Coyote), les parents étant en cours de divorce. Le jour de ses 10 ans, Anthony ne revient pas à la maison après le jeu d’intrigues que lui avait concocté le grand-père. Le deuxième épisode se déroule deux ans plus tard, alors que l’absence ronge toujours la famille, et que soudain, deux pistes apparaissent…

Il y a trois semaines, nos suggestions depuis Canneseries: Des séries à découvrir: les pistes cannoises

A propos de divorce, Abi Morgan, auteure de The Hour et River, offre un prometteur mélange des genres avec The Split. Il y a trois sœurs, dont deux sont avocates comme les parents; une mère autoritaire; un père absent depuis trente ans; et au fil des jours, la vie d’études londoniennes spécialisées dans des divorces souvent scabreux. De beaux personnages, une trame juridique, des secrets de famille: la scénariste vedette se risque à un grand cocktail. Actuellement sur la BBC.

D’Israël aussi vient une série qui risque de secouer le pays. Due aux auteurs de Shtisel, Autonomies postule que Jérusalem, aux mains des ultraorthodoxes, s’est séparée de Tel-Aviv, capitale de «l’Etat laïc d’Israël». Un mur les isole. Et voilà que l’on découvre l’existence d’une fillette échangée à la naissance, élevée chez les libéraux, mais de parents religieux. Une enfant-allumette, en somme. Débats en vue lors de la diffusion de la série, sans doute à la fin de l’été.

Un précédent écho de Lille: «Succession», la série qui plante l’argent au cœur de la famille

Enfin, Felix se situe à l’exact opposé de tout ce que l’on vient d’évoquer – et elle divise fortement les festivaliers. Ce drame hollandais sur fond de trafic de drogue à la frontière avec la Belgique commence par suivre deux personnages qui meurent au premier épisode, il reprend toute son histoire, faite d’attaques vengeresses entre des clans. D’une déconcertante lenteur, ce cauchemar du Brabant représente l’une des propositions de série les plus originales depuis le début de l’année.

Publicité