La guerre de Sécession fait rage. Mais on ne chevauche pas avec les hommes perdus du Major Dundee (Sam Peckinpah, 1965), ni avec Josey Wales hors-la-loi (Clint Eastwood, 1976), on ne suffoque pas dans l’atmosphère mortifère des Proies (Don Siegel, 1971). L’action se situe loin du conflit fratricide, dans le Massachusetts, et l’atmosphère évoque celle du château de Fleurville, en France, à la même époque (Les Petites Filles modèles, 1858).

La famille March ressent toutefois les effets collatéraux de la guerre: le père est au front, la mère (Laura Dern) peine à nouer les deux bouts. En dépit de leurs revers de fortune, les quatre filles ne baissent pas les bras. Elles rêvent de grandes carrières et de mariages romantiques. Meg l’aînée (Emma Watson) aimerait devenir actrice, Jo (Saoirse Ronan) se rêve écrivaine, Beth (Eliza Scanlen) joue divinement du piano et Amy (Florence Pugh), la cadette, a un don certain pour la peinture. Elles connaissent des joies simples et saines, comme un bal, une nouvelle robe, une partie de cerf-volant, mais aussi des drames: la glace qui casse sous les patins d’Amy, un manuscrit de Jo brûlé par une sœur jalouse, Beth qui contracte la scarlatine…