Dans le récent Jarhead de Sam Mendes, film qui revient sur la première guerre du Golfe, un protagoniste proclame: «Chaque guerre est différente, chaque guerre est semblable.» La même chose pourrait être dite des films de guerre qui se succèdent depuis un siècle.

Programme délicat auquel s'attelle donc le Ciné-club universitaire de Genève pour son cycle d'hiver, Histoire(s) de guerre (merci Jean-Luc Godard!), à partir de lundi (voir aussi le Samedi Culturel). Comment accumuler les films sans lasser? Et démontrer qu'il s'agit là d'un genre passionnant?

Des choix drastiques ont visé l'éventail le plus large et cohérent possible malgré le nombre de séances limité. D'abord, tout le volet patriotique et belliciste a été écarté a priori. Les guerres d'avant le XXe siècle et la question de l'Holocauste itou. Ensuite, les films ont été choisis en fonction de l'originalité de leur écriture autant que de leur force de conviction. A l'arrivée, entre le souci de représenter les principaux conflits, différents points de vue nationaux, l'avant, le pendant et l'après, toute redondance semble évitée.

Première séance, premier «coup»: la présentation des deux J'accuse d'Abel Gance: l'un tourné pendant la Grande guerre (1917), l'autre dans la crainte d'une seconde (1938). Les Sentiers de la gloire (Kubrick) et Capitaine Conan (Tavernier) viendront ensuite apporter un regard plus rétrospectif.

Coppola et Amos Gitaï

La Deuxième Guerre mondiale, de loin la plus représentée à l'écran, aura droit aux points de vue les plus contrastés: allemand (le poignant Le Pont de Bernhard Wicki et le difficile Allemagne année zéro de Roberto Rossellini), russe (le brutal Requiem pour un massacre, d'Elem Klimov) et américain (l'élégiaque La Ligne rouge de Terrence Malick), pour finir sur le Japon et la bombe atomique (le méconnu Pluie noire de Shohei Imamura). Puis ce seront la guerre froide (Dr. Folamour de Kubrick), l'Algérie (La Bataille d'Alger de Gillo Pontecorvo), le Vietnam (Apocalypse Now de Coppola), Israël (Kippour d'Amos Gitaï), la Bosnie (No Man's Land de Danis Tanovic) et la guerre au terrorisme (le louable film collectif 11'09''01).

Avec en plus deux documentaires et une table ronde, de quoi faire le tour de la question? Sûrement pas de tout ce que le genre a produit de majeur (quoi, pas de Walsh, Aldrich ou Stone?), mais à peu près des possibilités de représentation. Sauf l'allégorie (Les Carabiniers de JLG)?

Histoire(s) de guerre, du 16 janvier au 10 avril, les lundis à 19h et 21h. Auditorium Fondation Arditi, av. du Mail, 1, Genève. Rens: 022/379 77 06 ou http://www.a-c.ch