livre

«Le Fils oublié de Trotsky», de Jean-Jacques Marie

A 29 ans, en 1937, Serge Sedov est exécuté pour espionnage et sabotage. En fait, son crime est d’être le fils cadet de Trotsky. Retour sur les années noires du stalinisme

Genre: HISTOIRE
Qui ? Jean-Jacques Marie
Titre: Le Fils oublié de Trotsky
Chez qui ? Seuil, 184 p.

Serge Sedov a 29 ans lorsqu’il est exécuté le 28 octobre 1937 pour avoir fait partie d’un fantomatique réseau d’espionnage et de sabotage trotskiste. Une victime parmi des centaines de milliers d’autres des purges massives qui se déchaînent alors sur tout le territoire de l’Union soviétique, frappant cadres majeurs et mineurs du Parti communiste, paysans restés propriétaires de leur terre, membres des minorités non russophones et quidams malchanceux. Mais pas n’importe laquelle: Serge Sedov est le fils cadet de Léon Trotsky et le premier de sa famille à succomber à une vendetta qui emportera son aîné Léon Sedov à Paris en 1938 et Trotsky lui-même à Mexico en 1940.

Contrairement à ces deux derniers, Serge Sedov s’est toujours tenu éloigné de la politique. Il n’a pas suivi son père dans son exil en 1929, préférant rester pour mener en Russie la vie d’un ingénieur anonyme. Ce qui était, bien sûr, compter sans la paranoïa qui imprègne tout le régime stalinien.

Les soupçons qui le talonnent dès 1935 comprennent toujours l’accusation d’agir en collusion avec son ennemi du régime de père. Le jeune homme résiste toutefois aux tentatives pour le faire avouer, ce qui lui évitera de figurer dans l’un des tristement célèbres procès publics où de plus convaincus que lui concèdent tous les crimes que le régime leur impute.

Cette trajectoire à la fois unique et ordinaire permet à Jean-Jacques Marie d’évoquer dans un petit livre d’abord facile les luttes de pouvoir féroces, les délires mortifères et les complicités intellectuelles d’un des épisodes les plus noirs de l’histoire soviétique.

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