Voilà, on arrive au bout des allées de Wisteria Lane. RTS Un a entamé cette semaine la diffusion de la huitième et ultime saison de Desperate Housewives. Avec pour enjeu immédiat, cet encombrant cadavre du beau-père de Gabrielle, jusqu’ici remisé dans un coffre.

Comme nombre de mes estimés confrères, ou de blogueurs, devrais-je tuer la série de Marc Cherry une seconde fois, en prétendant qu’elle était déjà morte? Dans les multiples hommages lus çà et là, l’avis est presque unanime: le feuilleton s’était écroulé en cours de route; il aura eu deux, voire trois saisons de trop; c’est devenu répétitif; il n’y a plus de suspense, etc.

Je n’entonnerai pourtant pas ces larmoyants couplets. Passé les frasques hors plateau, les procès, l’exposition pipole de Teri Hatcher, Felicity Huffman, Marcia Cross, Eva Longoria et Nicollette Sheridan, il me semble au contraire qu’au long des 182 épisodes – sous réserve des 23 restants – les scénaristes ont maintenu un constant niveau d’écriture. Il ne fallait pas demander à Desperate Housewives d’être ce qu’elle n’était pas; dès les premiers commentaires de la suicidée Mary Alice Young, la série posait son ton, sa légèreté acide, son caractère de vaudeville des banlieues cossues. Marc Cherry a souvent raconté comment l’idée lui était venue, après la confession de sa mère, qui lui aurait dit avoir pensé, parfois, à liquider ses rejetons agités. Il s’en est tenu à cela; et le feuilleton s’est nourri de lui-même, selon la mécanique propre à une fiction sérielle reposant sur les secrets, les trahisons et les tactiques tordues d’une certaine vie de quartier. A l’heure de découvrir le dernier volet, on peut dresser le constat d’un projet tenu, peut-être sans coups d’éclat ou rupture narrative, mais avec une allègre obstination.