Une vitrine, un cheval et un débat

Polémique L’animal empaillé n’est plus exposé à Genève

Sur le site de pétitions internationales Avaaz, on peut lire ceci: «Après avoir récolté plus de 31 000 signatures et ayant mis tellement de pression de la part de milliers de personnes, les propriétaires des lieux ont supprimé l’exposition!! On a gagné!! Merci à tous!!» De quoi est-il question? D’un cheval empaillé suspendu dans une vitrine (LT du 05.04.2013).

Cet objet, pensé entre le happening et l’installation dans un centre d’art qui se résume en un bout d’abribus (Zabriskie Point), a donc suscité moult émotions bien au-delà du quartier genevois de Plainpalais, où il était exposé. Tant et si bien qu’il a rejoint le grenier des accessoires de théâtre où il reposait depuis quelques années, après que Maya Bösch, cosignataire de l’œuvre avec le photographe Régis Golay, l’eut plusieurs fois utilisé dans ses mises en scène. Oui, les «propriétaires», en fait un collectif de jeunes artistes et curateurs bénévoles à qui la Ville prête l’espace, ont capitulé devant la violence de certaines réactions, allant jusqu’aux menaces de mort.

Un débat public promis

Le temps de trouver une date et un lieu pour réunir les artistes, le collectif de Zabriskie Point, et quelques invités (philosophes, sociologues…), un débat public est promis prochainement. Il s’agit de revenir sur l’onde de choc provoquée par l’équidé naturalisé, de se demander quelle est la part «d’artophobie» et de sensibilité à la souffrance animale, sans doute accrue par les tromperies sur la viande d’origine chevaline révélées en début d’année. Ceci même s’il a été dit et répété que ce cheval est mort de maladie il y a une dizaine d’années.

Une rencontre ne suffira pas à faire le tour de la question. Ni celle du plagiat ou de la citation, vu que ce cheval suspendu est un cousin de ceux de l’artiste italien Maurizio Cattelan. Qui a suspendu et accroché des chevaux au mur, mais aussi pendu des enfants (des effigies!) aux branches d’un arbre. C’est dire que son propos est un peu différent.