La Fin de la mégamachine: encore un ouvrage qui annonce la fin du monde et vient s’ajouter à la longue liste du rayon «collapsologie»? Le sous-titre du livre du journaliste allemand Fabian Scheidler, grand succès en Allemagne, pourrait inciter à faire ce classement rapide. Trop rapide peut-être. Car Fabian Scheidler ne se contente pas de décrire un cul-de-sac mais propose d’examiner autrement le récit fondateur de la civilisation occidentale moderne. On peut voir cet ouvrage engagé comme un manuel de résistance, une réflexion motivante qui se résume en une question: quelle organisation sociale souhaitons-nous?

Pour y réfléchir, l’auteur postule qu’il faudrait d’abord déterminer quand et comment se libérer d’un système qui se révèle dévastateur pour la planète, en bref, comment ralentir la «mégamachine». Tout d’abord, en abandonnant un certain nombre de mythes attachés à l’histoire sociale, à la naissance des structures de domination qui ont mené à une série de désastres, écologiques, climatiques, économiques… et finalement pandémiques. La crise sanitaire actuelle a d’ailleurs été intégrée à l’ouvrage dans la postface à cette traduction, puisque l’édition originale allemande date de 2017. L’occasion pour l’essayiste de faire le lien entre la destruction de la biosphère et les pandémies. Mais aussi d’en appeler à la société civile pour établir un programme de transformation en profondeur.