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Feuilletonistes

Fin de partie

Le décor et le temps d’un personnage: Fantômas

Quelques mois avant les braquages en auto de la bande à Bonnot, l’irruption de Fantômas marque la fin d’une Belle Epoque qui s’amuse encore à se faire peur. En couverture du premier fascicule, l’image du malfrat masqué, vêtu de noir, un couteau à la main, et dont l’ombre immense s’étend sur Paris, s’impose comme l’icône du Mal absolu. Fantômas sera le premier antihéros à passer aussi rapidement de l’écrit (1911) à l’écran (1913), ce qui vaudra à l’acteur René Navarre d’être partout assailli comme une star. Inspirés de faits divers, les forfaits fictifs de l’insaisissable tortionnaire contaminent les gazettes. Quand la police échoue à résoudre une ténébreuse affaire, les journalistes y vont immanquablement d’un couplet ironique: «Encore un coup de Fantômas!»…

Par sa violence et ses invraisemblances, Fantômas marque aussi l’apogée et le début du déclin du roman-feuilleton populaire façon Eugène Sue. Impossible d’aller plus loin dans la surenchère, sauf à verser dans le parodique, le fantastique, les histoires de super-héros. L’engouement des surréalistes est peut-être le dernier hommage rendu par des poètes à une forme d’imaginaire appelée à faire pâle figure face aux carnages de deux Guerres mondiales – le Génie du mal, incarné en une seule figure criminelle, faisant place à la banalité du mal, dont se montreront capables des milliers de braves gens.

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© Arnaud Mathier/Le Temps