Un petit tour et puis s'en va. «Era Stupendo» («C'était magnifique») se consolera Paolo Meneguzzi, comme dans sa ballade mélancolico-romantique extraite de son récent album Corro Via. Le candidat suisse de la 53e édition de l'Eurovision, dont la finale se tient ce samedi à Belgrade, a été éliminé jeudi soir. Au terme de la seconde demi-finale du désuet mais toujours prisé concours télévisé de la chanson, le Tessinois de 31 ans ne s'est pas hissé parmi les dix premiers. Et a rejoint les 18 autres pays évincés du final du télécrochet auquel ont participé 43 pays (un record), dont pour la première fois l'Azerbaïdjan (qualifié) et Saint-Marin (éliminé). La présence de Lys Assia, première lauréate de l'Eurovision en 1956 qui a donné le coup d'envoi des votes jeudi, ne lui aura pas souri.

Après la débâcle de DJ Bobo l'an dernier, au stade de la demi-finale aussi (20e sur 28), l'éviction de Paolo Meneguzzi a suscité une telle déception parmi la délégation helvétique que celle-ci envisagerait même de renoncer à y présenter un candidat l'an prochain. Ou de réintroduire un mode de présélection télévisé avec vote du public. «De toute manière, une décision éventuelle ne tombera pas avant des mois», a indiqué à l'ATS Marco Meroni de la télévision alémanique SF.

La France et son cas Tellier

Parmi les 25 pays en lice pour «le grand soir» du plus grand concours de chanson d'Europe, il faudra guetter la prestation du Français Sébastien Tellier, dont le choix tout comme le titre en anglais, qu'il interprétera (la pop bubblegum de «Divine», quelque part entre les Beach Boys et Polnareff) a fait polémique. Les farouches défenseurs de la langue de Molière et de la francophonie criant au scandale. A raison ou à tort, c'est selon: des 25 airs «nationaux» de trois minutes maximum interprétés ce samedi, 15 auront l'accent anglais. C'est Shakespeare qui est enchanté et les particularismes européens qui toussent.