Le rock des Flaming Lips tient du miracle. Ce groupe dont la carrière remonte à près de vingt ans a réussi à préserver la flamboyance et la folie qui présidaient à ses débuts. Mieux encore, son univers hallucinant s'est paré à chaque album de voiles sonores plus sophistiqués. Basé à Oklahoma City, en plein no man's land pétrolifère, le groupe mené par l'extravagant Wayne Coyne a vécu plusieurs vies, traversant maintes fois le Styx, croisant à ces occasions le lapin fou de Lewis Carroll et l'ombre fragile de Syd Barrett. Groupe fondateur du renouveau psychédélique, à l'image des Britanniques Spacemen 3, les Flaming Lips ont créé des passerelles entre l'expérimentation des Beach Boys et la furie de Led Zeppelin, mélange étrange de pop alambiquée et de fulgurance électrique. Une formule hautement toxique qui a valu au groupe un cercle restreint d'inconditionnels, amateurs de musique et instrumentistes. Exemple parmi d'autres. Jonathan Donahue, leader de Mercury Rev, pâle copie des Flaming Lips, a naguère assuré le son du groupe d'Oklahoma City.

A l'image des grands groupes psychédéliques, les Flaming Lips développent à chacune de leur tournée des shows étonnants. En 1997, après la sortie de Zaireeka, un coffret de quatre albums à jouer simultanément, le groupe a imaginé un nouveau concept de show baptisé Boombox Experiments. Quarante cassettophones pilotés par Wayne Coyne lançaient des séquences musicales qui se mêlaient à la musique produite par le groupe. Un maelström de fréquences et de bruits qui créait une véritable marée sonore.

Pour sa tournée actuelle, ponctuant la sortie de The Soft Bulletin, leur album le plus grandiose, les Flaming Lips ont créé un show multimédia particulièrement impressionnant. Samedi passé, lors de son concert londonien organisé dans le cadre du festival anniversaire du label City Slang, le groupe américain a emballé le public anglais. Le spectacle, mêlant projections vidéo et expérimentation sonore avec un synchronisme ahurissant, a révélé le talent de chef d'orchestre de Wayne Coyne. Frappant sur un gong avec furia, le chanteur a créé des clashes sonores répondant aux images d'explosions nucléaires projetées sur un grand écran. Commencé par un roulement de percussions, le concert se terminait par un jet de ballons multicolores, transformant la salle du Queen Elizabeth Hall en jardin d'enfants.

Flaming Lips en concert sa 20 mai dès 21 h au Fri-Son, route de la Fonderie 13, Fribourg (rens. 026/424 36 25). Prix: 25.-