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pop-folk

Fleet Foxes, pastorale américaine

Le groupe de Seattle lévite toujours sur un ton contemplatif et ose les escapades ambitieuses

Genre: Pop-Folk
Qui ? Fleet Foxes
Titre: Helplessness Blues
Chez qui ? (Sup Pop/Irascible)

Au chapitre des grands flux et reflux de l’Histoire et de ses courants musicaux, Fleet Foxes occupe un emplacement central, depuis les quelques lignes saisissantes qu’il a écrites il y a bientôt trois ans. Face au premier album de cette bande hirsute, à l’époque à peine sortie de l’adolescence, on ne pouvait que s’incliner et saluer les citations maîtrisées de références distinguées, qui faisaient remonter le temps d’au moins quatre décennies. En 2008, le groupe de Seattle replaçait sur la flèche du temps des inclinaisons folk aux allures pastorales et aériennes comme l’avaient fait avant lui les maîtres Crosby, Stills & Nash, Simon & Garfunkel ou Fairport Convention. La redite (tout à fait partielle, Fleet Foxes a une âme propre), a valu un succès commercial étendu et surprenant.

Que reste-il aujourd’hui de la pâte qui a donné tant de bons résultats? Absolument tout. A commencer par la voix époustouflante de Robin Pecknold et par les enluminures harmoniques de ses complices. On tient là, une fois encore, l’essence de l’art du groupe. Il reste aussi un ton apaisé, qui semble vouloir se tenir à l’écart des grandes agitations de ce bas monde («Blue Spotted Tail»). Et il y a enfin des chansons qui, sans avoir l’immédiateté mélodique du passé (pas de «White Winter Hymnal» ici), osent des escapades plus ambitieuses et complexes. On citera les deux diptyques «The Plains/Bitter Dancer» et «The Shrine/An Argument», mais aussi «Sim Sala Bim», qui se réinvente sans cesse. L’immersion contemplative de Fleet Foxes atteint de nouvelles profondeurs.

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