La Fondation Gandur prête au Museo Reina Sofia

Collection «Sarah» de Jean Fautrier à Madrid

El Pais annonce son arrivée au Museo Reina Sofia en la surnommant La Gioconda suiza, ce qui ne fait guère sens puisque Sarah est un portrait de douleur peint par le Français Jean Fautrier en 1943, mais présenté en 1945 seulement. Les masses de pâte colorées avec lesquelles l’artiste l’a modelé rendent compte de la déshumanisation extrême qu’ont été la Seconde Guerre mondiale et le nazisme. Les Genevois ont pu voir cette toile au Musée Rath en 2011 lors de l’exposition Les Sujets de l’abstraction . Car Sarah vient bien de Genève, d’où ce nom de Gioconda suiza.

Une collaboration illimitée

L’accrochage du Rath présentait une centaine d’œuvres issue des collections de Jean-Claude Gandur, donnant ainsi un avant-goût de ce que la Fondation Gandur pour l’art offre de mettre en dépôt au Musée d’art et d’histoire (MAH).

A condition qu’il y ait un nouveau MAH – en partie payé par le mécène et susceptible de montrer en permanence une partie de ses collections. Tout cela n’existera pas avant 2020, et les réserves de la fondation sont bien plus grandes que ce qui pourra être montré. Or la fondation se doit de «rendre accessibles à un large public ses collections d’envergure internationale».

Le prêt au Museo Reina Sofia va dans ce sens et, commente Jean-Yves Marin, directeur du MAH, «c’est valorisant pour nous de voir ses œuvres exposées à Madrid». Sarah, qui rejoint ainsi le Guernica de Picasso auquel elle a souvent été assimilée par la force de son propos, fait le voyage avec une quinzaine d’autres pièces des collections Gandur. La collaboration entre la fondation genevoise et le musée madrilène est d’une durée illimitée. Tous les deux ans, la liste des œuvres prêtées sera revisitée.