Valais

La Fondation Pierre Arnaud, devenue Opale, dévoile ses nouveaux contours

Collectionneuse et passionnée d’art aborigène, Bérengère Primat ambitionne de faire rayonner cette culture australienne sur les hauteurs de Lens et au-delà

Après les coups de théâtre, la résolution: alors qu’elle avait annoncé à deux reprises la fermeture de son centre d’art à Lens pour cause de difficultés financières, la Fondation Pierre Arnaud révélait en mai dernier avoir finalement trouvé un repreneur en la personne de Bérengère Primat.

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Résidente de Crans-Montana, passionnée et grande collectionneuse d’art aborigène, cette Française ambitionne désormais de faire du musée aux miroirs un lieu où rayonnera la culture traditionnelle australienne. Mardi, la nouvelle présidente dévoilait les objectifs et les défis de sa fondation, rebaptisée Opale en référence à cette pierre précieuse omniprésente dans l’art aborigène.

Voilure réduite

«Depuis dix ans, ces œuvres ont connu un regain de popularité, sans doute parce qu’elles défendent des valeurs de respect à la terre, de transmission, plutôt que des considérations commerciales», détaille Bérengère Primat, qui en possède elle-même plusieurs centaines, dénichées directement auprès d’artistes locaux au fil des ans. Son but: permettre à ces derniers de s’exprimer en Europe, en les faisant dialoguer avec des créations contemporaines de tous horizons.

Le 16 décembre prochain, le centre présentera d’ailleurs deux expositions croisées autour de la photographie, abordant toutes deux les bouleversements de notre environnement: celle de l’artiste aborigène Robert Fielding, qui explore les changements dans la culture traditionnelle du désert central australien, et la première rétrospective du militant écologiste français Yann Arthus-Bertrand.

Mais vient alors la question qui fâche: comment réussir là où ses prédécesseurs ont échoué? D’abord, en réduisant quelque peu la voilure du musée, dont le nombre d’employés. Et pour attirer les curieux dans ce lieu excentré, la Fondation Opale parie sur un prix d'entrée raisonnable (14 francs) ainsi qu’un bâtiment réaménagé et redécoré, avec une médiathèque couplée d’un centre de recherche, et un restaurant mettant en valeur les produits du terroir, ouvert du mercredi au dimanche, comme le centre.

L’objectif? Il se veut réaliste: 30 000 visiteurs par an. «Nous espérons inviter les Lensards à franchir les portes du musée, mais aussi attirer des visiteurs au-delà des frontières valaisannes et même helvétiques», précise Gautier Chiarini, directeur opérationnel de la fondation. Qui proposera, dès 2019, deux expositions temporaires d’envergure par an, «grand public et centrées autour de thématiques accessibles, souligne Bérengère Primat. Mais toujours d’une grande qualité.»


Legacy: une vie de photographe, rétrospective Yann Arthus-Bertrand/Exposition Robert Fielding, du 16 décembre au 31 mars 2019. www.fondationopale.ch

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