faut voir

Footballeuse

Le Mondial approche, et avec lui une ­cohorte d’objets dérivés, dont beaucoup hantent déjà les rayonnages. Chacun, des maisons d’édition les plus sérieuses aux fabricants de casquettes et autres vendeurs de biscuits, y va de son couplet sur le football, de son drapeau brésilien ou de sa saveur feijoada. L’autre jour, dans un micro-paquet de chips destiné aux mini-supporters ou à tout autre enfant avide de surprises, une figurine représentant une footballeuse. Joie évidente de constater que le ballon rond peut être associé à la gent féminine, en période de Championnats du monde qui plus est. Amertume d’observer comment est incarnée ladite joueuse. Trapue. Massive. Ultra-masculine à l’exception de deux seins, d’une queue-de-cheval et d’une trace de rouge à lèvres qui semblent avoir été ajoutés après coup.

Evidemment, toutes les footballeuses ne mesurent pas 1,80 m pour des mensurations parfaites et une féminité résistant aux crampons. Mais faut-il pour autant tomber dans le cliché absolu, alors que la plupart des footballeurs livrés dans les mêmes chips apparaissent, eux, tout à fait sveltes? La figurine est articulée et nécessite de ce fait peut-être davantage de chair, mais l’argument a ses limites. Et c’est ainsi que les mini-supporters et les enfants avides de surprises se retrouvent une fois de plus confrontés aux clichés masculins-féminins qui font mal. Et c’est ainsi que, plus tard, un fan de l’équipe nationale traitera peut-être de «tarlouze» le joueur qui aura mal négocié sa passe.