Roman-fleuve dont la houle emporte le lecteur sur plus de 1000 pages, Dans les forêts se révèle une lecture idéale en cette période où le décompte des jours et des heures est comme suspendu. On plonge dans ce récit comme on partirait en croisière, dans un long voyage ponctué d’escales sur les rives de la majestueuse Volga.

Alors que les grands romanciers russes – Tolstoï et Dostoïevski en tête – se sont essentiellement penchés sur la noblesse, les petits fonctionnaires ou encore la paysannerie, Pavel Melnikov-Petcherski s’intéresse à la classe des marchands, largement minoritaire dans le paysage social de la Russie impériale. C’est donc un univers méconnu, y compris des lecteurs de l’époque, que dévoile cet auteur du XIXe siècle: la Russie provinciale d’outre-Volga, dans la région de Nijni-Novgorod, qui vit du commerce et, pour une grande part, observe les rites et préceptes de la vieille foi.