Le décret ministériel israélien interdisant le commerce de fourrure animale, signé ce mercredi 9 juin, fait grincer les dents de l’industrie de la mode française. En interdisant ce commerce, tant à l’importation qu’à l’exportation, et spécifiquement pour le monde de la mode, Israël devient le premier pays à adopter une telle législation.

Déjà l’élevage en 1976

«Le commerce de fourrure animale sera interdit sauf pour les besoins de la recherche, de l’enseignement et de certaines traditions religieuses», précise le ministre de l’Environnement dans son communiqué. Le Schtreimel, par exemple, ce chapeau de fourrure porté par certains hommes juifs, sera toujours commercialisé.

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L’interdiction entrera en vigueur dans six mois. Le ministère a également publié une lettre envoyée par Jane Halevy-Moreno, directrice de la Coalition internationale anti-fourrure (IAFC), qualifiant ce décret de «geste historique.» Cette industrie «provoque des souffrances inimaginables aux animaux et ce décret va transformer le marché de la mode israélienne, le rendant meilleur sur le plan du respect des normes environnementales», déclare Gila Gamliel, la ministre de l’Environnement.

Des accusations «totalement infondées» pour l’association La Fourrure française, qui regroupe la Fédération française des métiers de la fourrure et des éleveurs. «Les peaux utilisées dans les maisons françaises du luxe et de la mode travaillant avec notre filière proviennent d’Europe ou d’Amérique du Nord, où sont appliquées des règles strictes en matière de bientraitance animale», défend son porte-parole Pierre-Philippe Frieh.

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En 1976, Israël avait déjà interdit l’élevage d’animaux pour leur fourrure. Plusieurs pays dans le monde ont instauré des interdictions partielles de commerce de fourrure, notamment pour des espèces particulièrement menacées, comme le phoque. L’interdiction totale du commerce de fourrure n’est en vigueur que dans certaines villes actuellement, comme Sao Paulo au Brésil, ou encore dans l’Etat de Californie aux Etats-Unis. L’Inde a également adopté une réglementation similaire à l’échelle du pays, mais celle-ci cible uniquement les peaux de vison, de renard et de chinchilla.