La réalisatrice française Alice Diop a reçu le Reflet d’Or décerné par le Geneva International Film Festival (ou GIFF) pour son long métrage «Saint-Omer». Pour sa 28e édition, la manifestation a accueilli plus de 35 000 festivaliers.

Lauréat du Grand Prix du jury à la Mostra de Venise, «Saint-Omer» raconte l’histoire d’une jeune romancière qui voit ses certitudes vaciller en assistant à un procès à la Cour d’assises de Saint-Omer. L’accusée est poursuivie pour avoir tué sa fille de quinze mois en l’abandonnant à la marée montante sur une plage du nord de la France.

Ce film «parvient à présenter une multitude de thèmes explosifs sous une surface d’un calme envoûtant. Sa réalisation est un cours magistral de précision, et chaque interprétation mérite son propre prix», a déclaré le président du jury Longs métrages Mani Haghighi, dans un message vidéo diffusé lors de la cérémonie. Le réalisateur iranien s’est vu retirer son passeport, l’empêchant d’être présent à Genève.

Le Reflet d’Or de la meilleure série de l’année a, lui, été décerné à «Le Temps des framboises», de Florence Longpré, Philippe Falardeau et Suzie Bouchard. Cette production canadienne suit une veuve qui doit soudainement assumer seule la gestion de la ferme familiale. La série est une ode joyeuse à la fragile légèreté de l’existence, selon le GIFF.

Quant au Reflet d’Or de la meilleure œuvre immersive, il a été attribué à «Eurydice, A Descent into Infinity», de la Néerlandaise Céline Daemen. Une autre œuvre immersive, «Les Aveugles», de Julien Dubuc et du collectif français INVIVIO, a reçu le Sensible Award, tandis que la série belge «Lost Luggage», de Tiny Bertels, est récompensée du European Script Award.

Même si le GIFF a réduit le nombre d’œuvres présentées cette année, il a attiré plus de 35 000 festivaliers – contre 30 000 en 2021, une édition qui était encore marquée par la situation sanitaire. Le festival constate un intérêt grandissant du public pour la création numérique, avec 12 000 visionnements d’œuvres de réalité virtuelle. Une quarantaine de productions de ce type étaient proposées.

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L’installation «Evolver», du studio londonien Marshmallow Laser Feast et présentée en première européenne, a ainsi suscité l’engouement du public, affichant complet dès les premiers jours, note le GIFF. Le festival se réjouit aussi du succès des rencontres avec les invités d’honneur de cette édition: le Danois Nicolas Winding Refn, le Français Alexandre Astier et le collectif suisse OIL Productions.

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Anaïs Emery, directrice générale et artistique du GIFF depuis 2021, considère que le festival, avec son approche unique des cultures audiovisuelles, participe à une redéfinition du septième art. Selon elle, il offre aux industries créatives suisses «une expérience concrète des enjeux et opportunités artistiques et industriels provoqués par l’évolution des technologies de l’image.»