POLEMIQUE

France Culture accuse l'écrivain Renaud Camus d'antisémitisme

Des commentaires sur les journalistes juifs de l'émission de radio «Panorama» motivent le retrait de «La Campagne de France»

Les Editions Fayard ont décidé de retirer de la vente le volume du Journal 1994 de Renaud Camus, La Campagne de France (Le Temps du 22 avril) à la suite d'une plainte de Laure Adler, directrice de France Culture. Elle juge diffamatoires et incitant à la haine raciale les propos de l'auteur dans ses commentaires concernant l'émission «Panorama». Page 48, Renaud Camus écrit: «Les collaborateurs juifs du Panorama de France Culture exagèrent un peu tout de même: d'une part ils sont à peu près quatre sur cinq à chaque émission, ou quatre sur six, ou cinq sur sept, ce qui sur un poste national et presque officiel constitue une nette surreprésentation d'un groupe ethnique ou religieux donné.» Le diariste continue en soulignant la fréquence des émissions consacrées à différents aspects de la culture et de l'histoire juives, tout en soulignant que «la pensée juive est certes tout à fait passionnante, en général; mais elle n'est pas au cœur de la culture française. – Ou bien si? – Un doute me prend: l'Ancien Testament est certainement aussi «central» à la culture française, sinon plus, que l'Iliade et l'Odyssée... ne parlons pas de Proust, qui lui serait bien près de l'épicentre. Donc... (Reste à savoir si Proust relève de «la pensée juive»... Mais on doit pouvoir se poser la question.» Prévoyant l'indignation, Renaud Camus ajoute: «Ces paragraphes devraient être lus, évidemment, s'il s'agissait de juger un jour de leur degré d'admissibilité morale, en remplaçant juif ou juive par breton ou bretonne, corse ou corse.» Un peu plus loin, toujours à propos du «Panorama»: «Il s'agit d'un abus manifeste, mais d'un petit abus de rien du tout, qui n'a de vraiment irritant qu'un seul apect: qu'il soit à peu près impossible de le relever. Le relevant, on s'exposerait en effet à une arme absolue de langage, dont nul ne peut réchapper – antisémitisme.» Page 408, enfin, revenant sur la même émission, consacrée cette fois à l'immigration, il relève qu'il n'y a aucun non juif parmi les cinq participants: «Et je trouve cela non pas tout à fait scandaleux, peut-être, mais exagéré, déplacé, incorrect. Et non, je ne suis pas antisémite... Qu'on nous fiche la paix avec le terrorisme qui ne permet pas d'ouvrir la bouche sur des questions de ce genre!» Il prend donc le droit de l'ouvrir «au nom de cette vieille culture et de cette civilisation françaises de souche qui sont les miennes... et que je regrette de n'entendre presque plus, dans le pays même qui fut le leur.» Accusant d'ailleurs plutôt que l'immigration, la mort des élites, la faillite de l'enseignement et la télévision.

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