Si vous n’aimez que les phrases brèves, sèches et sonnantes, n’y allez pas. Vous succomberiez d’impatience, noyé dans les très longues phrases de Vincent Jolit. Si, au contraire, vous appréciez d’embarquer dans des «phrases univers» s’abîmant en d’innombrables détails, s’égarant en mille détours avant de revenir au sujet principal, alors ce livre devrait vous plaire. Roman assez bref, mais ambitieux, Transalpin commence par un saisissant galop retraçant le parcours de trois générations. Tout débute avec l’arrière-grand-père, un paysan du Piémont. Mû par «une brûlante impatience accompagnée d’un dégoût pour sa condition», il largue les amarres, avec femme et enfant, franchit les Alpes et se dirige vers la France. Sa longue marche s’achève à Hyères, où il trouve de l’embauche aux salins.

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