Rien de tel que la musique pour oublier les soucis du quotidien. Président de TéléNendaz et principal promoteur des Francofolies, Philippe Lathion semblait hier loin des querelles affairistes et des méandres de la politique locale. Tout sourire, toujours décontracté et confiant, l'homme fort du festival valaisan défendait l'affiche d'une édition 2001 tout entière dédiée aux stars.

L'an dernier, la prestation de Patricia Kaas, ajoutée à celle de Hallyday fils, avait permis d'afficher «in extremis» le score tout à fait honorable (et rentable) de 8500 personnes en trois jours. Un succès bienvenu après une première édition hésitante (Zebda, mais aussi Princess Erika, Glen of Guiness, Mathmatah, Alliance Ethnik, Sens Unik), qui semble avoir donné des idées aux organisateurs Philippe Lathion et Michael Drieberg, responsable de Live Music Production à qui revient cette année encore la programmation. Contrairement à la plupart des festivals actuels et à ses jumeaux français, belge ou québécois, les Francofolies suisses jouent donc désormais résolument la carte du grand public, en ratissant aussi large que possible.

Daho et Paradis

Ouverture des feux tout public avec «Starmania», qui fait cette année son grand retour dans la mise en scène de Lewis Furey, histoire sans doute de récolter les dividendes de Notre Dame de Paris. L'apéro sera servi par un ensemble vocal a capella, l'Octuor vocal de Sion, dans un chapiteau équipé de 2000 places assises. Transition vers la pop haut niveau et un public plus ciblé «jeune» le lendemain avec la paire Daho-Paradis, «gros morceau» de cette édition qu'on n'attendait pas vraiment sur les cimes des Alpes. Advienne que pourra! Pour conclure enfin, c'est à la très consensuelle Hélène Segara qu'il reviendra de tirer le rideau entre furie adolescente et larmes de crocodile. Succès de billetterie garanti pour une manifestation ancrée d'abord dans sa région et dont le public n'a guère l'occasion de suivre de tels artistes à moins de faire le déplacement de Lausanne ou de Genève.

Festival off développé dans les bars de la station

Si les grands moyens ont été déployés pour assurer le spectacle sous le chapiteau, une réflexion a également été entamée autour du festival off, qui entrera cette année dans les bars de la station. Le programme devrait suivre dans une quinzaine de jours. Une mesure de clémence envers des artistes autrefois sacrifiés sous le froid crachin des nuits d'avril, qui n'efface pourtant pas quelques tares majeures (infrastructure hôtelière embryonnaire, moyens de transport aléatoires et vulnérabilité météorologique). Autant d'inconvénients que les Francofolies devront impérativement atténuer si elles entendent bénéficier un jour d'un rayonnement comparable à celui dont bénéficient aujourd'hui La Rochelle, Spa ou Montréal.

Francofolies de Nendaz:

5-7 avril, Haute-Nendaz.

Loc. Ticket Corner. Rens. 027/289 55 89

ou www.nendaz.ch/francofolies