Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Alain Berset, président de la confédération, et Doris Leuthard rencontrent le pape François.
© Peter Klaunzer/AFP Photo

Genève

«François, c’est Jésus en mieux»: 
à Palexpo, une messe comme une fête 

Genève Pour le souverain pontife, 41 000 personnes se sont déplacées à Palexpo. De toutes confessions, ils ont assisté à une messe sobre basée sur le pardon

Ce fut sans aucun doute le moment le plus émouvant de la messe. La houle des acclamations de 41 000 personnes montant dans Palexpo. «Viva il papa!» Les yeux ronds, fascinés, des jeunes enfants; les larmes des fidèles, venus témoigner de leur foi; les cris enflammés des jeunes et moins jeunes, regroupés par paroisses, par écoles ou par familles. Durant près de quarante minutes, François, le pape des pauvres, a sillonné les allées de Palexpo dans sa papamobile, bénissant la foule sur son passage. A Genève pour célébrer le 70e anniversaire du Conseil œcuménique des Eglises, le Saint-Père avait invité pour la messe pontificale des chrétiens de toutes les confessions, mais aussi des représentants d’autres religions.

Lire aussi: De Rome 
à Genève, dans 
les pas du pape

Homélie en italien

Dans un décor représentant un panorama lémanique, le pape, entre Mont-Blanc et Jet d’eau de Genève, s’est recueilli devant la statue de la Vierge Marie avant de revêtir sa mitre pour la liturgie. A sa gauche, un ensemble musical composé d’une quarantaine de jeunes et de huit musiciens chantaient la messe. Dans les recoins, des points de confession avaient été installés tout l’après-midi, pour que les catholiques qui le désiraient puissent se confesser. Petit bémol à cette ferveur, l’homélie – en italien – n’a pas permis à la foule de ressentir pleinement l’émotion née de la parole pontificale.

Lire également: Le pape François à Bossey, symbole de l'unité des chrétiens

François a prononcé un sermon centré sur les concepts du père, du pain et du pardon, en développant la valeur du pardon entre chrétiens, essentielle «après des siècles de controverses et de déchirures».
Demander le pain quotidien, a expliqué François, c’est vouloir une vie plus sobre. «Quand j’étais petit à la maison, si le pain tombait de la table, on nous apprenait à le ramasser et à l’embrasser. Apprécier ce que nous avons de simple chaque jour: ne pas prendre et jeter, mais apprécier et garder.» En écoutant cela, on l’imaginait enfant, avec le même sourire droit, simple et profond qu’il a toujours su garder.

«Dieu nous libère le cœur de tout péché, il pardonne tout mais demande une chose: que nous ne nous fatiguions pas de pardonner à notre tour.» Une amnistie générale des fautes d’autrui, qui parle à Staffan de Mistura, installé au premier rang. L’émissaire de l’ONU pour la Syrie qualifie cette rencontre avec le pape François d'«une splendide occasion d’unité». «C’est placer Genève, ses autorités et ses organisations internationales devant un symbole mystique, afin d’inviter toutes les religions à la recherche de la paix et du dialogue.»

«Arrivederci»

Après la communion, accompagnée d’un chant tiré d’un texte de saint François d’Assise, Preghiera semplice, où 530 prêtres en robe blanche se sont dispersés aux quatre coins des six hectares de halles, Monseigneur Charles Morerod, évêque du diocèse de Fribourg, Lausanne et Genève, a pris la parole. Durant la journée, il a été le seul à n’avoir pas lâché le pape une minute. Il l’a remercié devant la foule de son engagement auprès des pauvres, provoquant l’ovation de Palexpo. «Cela nous donne à tous un sens à notre vie», a-t-il souligné.
Ensuite, François a pris congé.

Quelques mots pour tous, de l’organisation au Conseil fédéral, avant de lancer un «arrivederci» chaleureux à des fidèles visiblement enchantés de leur rencontre avec le pape. Il faillit chuter en descendant de son siège, rattrapé par des concélébrants, provoquant un instant d’effarement, vite effacé par la bonhomie du Saint-Père. 41 000 personnes sont alors sorties comme euphorisées par les paroles de la presque «rock star» catholique. Entouré de ses camarades scouts d’Europe, Léonard, 14 ans, vêtu de son habit d’éclaireur, avait été exceptionnellement dispensé d’école. Il avouait ne pas avoir réussi à dormir de la nuit, car c’était la première fois qu’il rencontrait le pape François. «Je le trouve exceptionnel, c’est Jésus en mieux», s’exclama-t-il dans un sourire radieux. 

Publicité
Publicité

La dernière vidéo culture

Le performeur Yann Marussich se fait imprimer Le Temps sur le corps

Un soir à la rédaction du Temps. La salle de réunion est transformée en labo photo géant éclairé de rouge. Au milieu de la pièce, l'artiste Yann Marussich, rendu photosensible. Sur son corps nu se développent des titres du «Temps». 60 spectateurs assistent à l'expérience qui dure 45 minutes.

Le performeur Yann Marussich se fait imprimer Le Temps sur le corps

n/a
© Arnaud Mathier/Le Temps