Au téléphone, il s’excuse d’avoir tant publié, ces derniers mois, de peur de nous encombrer. Mais ses poèmes, ses récits, ses propos sur la lecture ou sur l’art ne sont jamais pesants. Empreints d’une forme de légèreté, de simplicité, ils entretiennent avec le lecteur une forme de conversation amicale.

François Debluë nous attend à la gare de Rivaz, au bord du Léman, à deux pas de la plage. Il vit dans une ancienne maison vigneronne, dont le pressoir intact, à la cave, pourrait encore servir. Le lac surgit par les fenêtres. Le poète aime l’observer. «Je suis un marin de terre, fasciné par la navigation des autres.» La maison est remplie de livres, classés par «domaines». Russe, anglo-saxon, allemand, français… Un rayon est consacré à Georges Haldas, un autre à Proust (rangés sur deux épaisseurs de livres). Céline est relégué dans un rayon inférieur («je l’ai beaucoup lu à une époque, mais je ne peux plus le voir aujourd’hui!»).