Au début de l’été 2020, au moment de présenter le beau et tragique Eté 85, François Ozon nous disait être déjà en train de tourner son 20e long métrage. Moins de trois mois après sa présentation officielle au Festival de Cannes, voici donc Tout s’est bien passé, qui s’inscrit dans la veine d’un film comme Grâce à Dieu (2018), sur l’affaire Bernard Preynat, ce prêtre accusé de pédophilie: face à la force du récit, le prolifique cinéaste parisien s’efface en partie derrière son sujet – seuls quelques petits effets de zoom viennent parfois rappeler qu’il est bien là, derrière la caméra. Son talent éclate en revanche à travers un montage au timing parfait – le film est notamment ponctué de quelques plans courts, de quelques secondes tout au plus, toujours là pour signifier quelque chose, comme lorsque est évoqué un souvenir d’enfance qui ressurgit soudainement.