FEMMES DE LIVRE (1/7)

Françoise Berclaz: «Les libraires sont habitués à la lutte»

Libraire depuis trente-six ans, la Valaisanne est devenue une figure publique avec son engagement en faveur du prix unique du livre de 2004 à 2012. Rencontre à La Liseuse, à Sion, havre joyeux et encyclopédique

Malgré la canicule, l’atmosphère est à l’effervescence à La Liseuse, à Sion. Avec ses 300 mètres carrés et ses 50 000 volumes, la librairie de Françoise Berclaz a du coffre. On vient de loin pour se perdre dans ses rayonnages et disparaître dans les profonds fauteuils disséminés de-ci de-là. «Je ressens une énergie de jeune libraire», glisse cette figure de la librairie romande avec ce sourire malicieux qui lui vient souvent. Branle-bas de combat, il s’agit de modifier le classement des livres, de trouver de nouvelles thématiques, de se résigner à «sortir» des livres pour en mettre d’autres à la place. «J’ai beaucoup de mal à me séparer d’un bon livre. C’est mon côté sentimental. Je crois toujours qu’il va finir par trouver son lecteur. Mes jeunes collaborateurs le savent et m’aident à trancher», admet la responsable, qui fait la guide, un peu comme un horticulteur présenterait son jardin, s’arrêtant devant tel arbre, exprimant son émotion devant telle fleur. Le rayon beaux livres occupe tout le mur du fond. Fierté. La littérature suisse s’étale sur quatre étagères. Silence appréciateur. La «pochotèque», presque une librairie dans la librairie, doit faire la joie des collégiens.

Lire le deuxième volet de notre série: Cosette Haenny-Baillod: «Pour devenir libraire, j'ai dû tout apprendre»