Le poche de la semaine

«Je suis une femme libre. J’ai été, donc je sais être, une femme heureuse… Qu’y a-t-il de plus rare…»

Genre: roman
Qui ? Françoise Giroud
Titre: Histoire d’une femme libre
Chez qui ? Folio, 266 p.

Août 1960, un hôtel chic à Capri. Sur une terrasse, une femme en maillot de bain tape sans relâche à la machine. Parfois, elle descend à la plage. Sur l’île, personne ne reconnaît cette femme de 43 ans, et c’est exactement ce qu’elle cherche.

Cet été-là, Françoise Giroud, car il s’agit d’elle, a trouvé refuge loin de Paris. A peine deux mois plus tôt, le 11 mai au soir, la journaliste star, directrice du tout nouveau magazine Elle en 1946, fondatrice en 1953, avec Jean-Jacques Servan-Schreiber, de L’Express, avait décidé de mourir. A cause d’un homme. Jean-Jacques Servan-Schreiber la quittait pour une jeune fille.

Françoise Giroud prépare méticuleusement son suicide: dose létale de barbiturique, téléphone débranché, chambre fermée par plusieurs verrous intérieurs. Mais le lendemain, son médecin et deux hommes forts abattent la cloison de sa chambre et la découvrent dans le coma. Elle sera sauvée de justesse.

Sommée de vivre, Françoise Giroud va s’arrimer aux mots pour y parvenir. Elle va écrire, deux mois durant, ce qui deviendra sa première autobiographie. Elle intitulera son récit Histoire d’une femme libre. Convaincue par ses proches qu’il n’est pas publiable, elle le gardera dans ses tiroirs. Après sa mort en 2003, on a cru ce roman perdu. Alix de Saint-André, journaliste et amie de Françoise Giroud, l’a retrouvé. Il se lit avec bonheur. Tout le talent de plume de Françoise Giroud s’y trouve. Ainsi que sa vie de femme qui, dans les années 1950, a osé dire «je».