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Françoise Vergès veut un féminisme «décolonisé»

Françoise Vergès dénonce le complexe de supériorité véhiculé par les mouvements féministes en Europe

Un féminisme décolonial, de la politologue française Françoise Vergès, s’ouvre avec le récit de la grève des employées de la société de nettoyage Onet, sous-traitant de la SNCF. Fin 2017, ces femmes au statut précaire se sont battues pour leur dignité au travail et, au terme de quarante-cinq jours de mobilisation, ont obtenu gain de cause. Comme des millions d’autres femmes, tôt le matin ou tard le soir, elles «nettoient le monde».

Françoise Vergès consacre ensuite un chapitre à des questions de définitions: qu’est-ce que le «féminisme civilisationnel»? Que signifie «être racisé»? Qu’est-ce que la «colonialité»? Pour l’autrice, le mouvement des employées d’Onet a tout à voir avec ces questions. La grève de ces ouvrières dont le travail est là fois indispensable et invisible a mis à jour ce que refoule la plupart du temps le féminisme occidental, à savoir que le prix à payer pour obtenir l’égalité des sexes revient encore trop souvent à opprimer d’autres femmes, plus précaires, celles justement qui font le ménage et gardent les enfants.