«J'avais tout planifié à l'avance. Je savais le jour et l'heure de la mise en vente. Mais ça a été difficile.» Cette internaute a le sourire. Elle a pu décrocher, après bien des tentatives infructueuses, son sésame pour l'une des soirées du Paléo Festival. Tous n'ont pas eu cette chance. Sites internet surchargés, standards téléphoniques saturés, guichets pris d'assaut, l'ouverture de la vente de billets pour le festival a donné lieu à une ruée sans précédent.

Une heure avant 11heures, l'heure d'ouverture de la location, 20000 internautes se ruaient déjà sur le site du Paléo. A midi, ils étaient deux fois plus nombreux. A 13heures, 60000 billets avaient trouvé acquéreur. L'après-midi s'est déroulé selon le même schéma. A 17heures, quatre des six soirées du festival étaient complètes. Il ne reste que 7500 places pour les soirées du mercredi et du vendredi.

La rapidité avec laquelle s'arrachent les billets s'explique par deux facteurs, selon Chantal Bellon, responsable du service de presse du Paléo. L'engouement croissant pour le festival, perceptible d'année en année, draine son lot de laissés-pour-compte, qui se précipitent sur l'édition suivante afin d'obtenir leur billet. Mais, si le phénomène connaît cette année une nouvelle ampleur, c'est que les amateurs de musique ont eu, suite à une fuite, une semaine pour s'organiser. «Nous avions prévu d'annoncer la programmation 24heures à l'avance, afin que les gens ne commandent pas dans l'urgence. Mais la fuite qui a circulé nous a forcés à nous adapter.»

L'équipe était perplexe. «Nous ne savions pas tellement à quoi nous attendre. On pensait qu'avec ce délai l'engouement serait plus pondéré.» Les organisateurs reprendront la main pour la prochaine présentation. «On va repenser la formule. Est-ce qu'on divulgue progressivement le programme? Est-ce qu'on barricade l'information?»

Une chose est certaine, le succès de l'annonce marque un tournant pour le festival.