La collection privée d'art contemporain de Friedrich-Christian Flick est-elle bienvenue en Suisse? C'est la question que se posaient les Zurichois depuis le rappel concernant le passé nazi de la famille du collectionneur.

M. Flick projette de construire un musée le long de la Limmatstrasse, afin d'accueillir sa collection, qui compte parmi les plus importantes au monde. Mais l'annonce de son refus de participer au fonds destiné aux victimes de l'industrie allemande sous Hitler a provoqué une violente polémique dans les milieux culturels. La semaine passée, désireux de s'expliquer et de trouver une issue honora-ble au conflit, Friedrich-Christian Flick a publié un communiqué dans lequel il ex-pose ses pro-jets et revient sur son passé. Expliquant son refus de par-ticiper au fonds allemand, il déclare donner 10 millions de DM pour la création d'une «Fon-dation contre la xénophobie, le racisme et l'intolérance» en Allemagne. Lundi passé, il a rencontré les membres de l'exécutif de la ville de Zurich, dont son président Josef Estermann. A la suite de cette rencontre, le Conseil municipal a aussi publié un communiqué. La ville y reconnaît l'importance de l'installation de la collection à Zurich et salue la décision du collectionneur concernant la création d'une fondation contre le racisme. Toutefois, si elle respecte sa volonté quant au dédommagement des victimes du nazisme (décision person-nelle qu'elle dit ne pas avoir à commenter) elle souligne en revanche qu'elle aurait préféré qu'il participe au fonds de dé-dommagement lui-même.