L'Eldorado n'a pas le charme de certains vieux cinémas. Mais c'est une salle. Et le Théâtre pour enfants de Lausanne (TPEL) ne peut que se féliciter de cette aubaine après tant d'années d'errance lausannoise, dans des lieux souvent inappropriés et qu'il fallait partager avec d'autres. L'installation s'est faite à la va-vite, sans grands moyens. Une paroi sépare désormais la salle en deux. Jusqu'à la hauteur du balcon, des gradins comblent le vide laissé par les anciens sièges de cinéma disparus. Sous le balcon, l'espace sert actuellement de loges et de débarras, mais, explique Catherine Desarzens, la directrice du TPEL, il servira aussi à accueillir des petites formes théâtrales. C'est avec sa création de la saison dernière, La Baraque à frites, qu'elle vient d'inaugurer son nouveau lieu.

Le titre est peu alléchant. L'esthétique du spectacle, de style hâtif et bon marché – tout comme les petites touches décoratives apportées à l'Eldorado – ne brille pas non plus par sa délicatesse. Les comédiens en font aussi beaucoup, le style clownesque étant bizarrement plus appuyé chez les deux femmes que chez le voyageur. Malgré ces maladresses, le spectacle reste efficace et l'histoire fonctionne bien. Les deux femmes, ce sont Sidonie et sa grand-mère, le popotin et les bourrelets bien remplis par les frites qu'elles mangent davantage qu'elles ne les vendent, depuis des années. Sidonie essaie de comprendre le mystère que la vieille dame laisse planer sur ses parents, quand apparaît Hippolyte. Lui sait qu'il est un enfant adopté et il cherche une sœur, recueillie par une autre famille… La morale de l'histoire? Les liens du cœur sont aussi importants que ceux du sang.

La Baraque à frites au TPEL – Eldorado, Lausanne (pl. Chauderon 5, tél. 021/648 22 61). Me à 15h, ve à 19h, sa à 17h et di à 15h. Du 12 au 21 nov.