Dans un texte magistral qui date de 1978 et paraît enfin en traduction française, un homme mystérieux, inquiet et taciturne nous embarque à sa suite dans une fuite éperdue à travers l’Europe centrale du XVIe siècle. Cette œuvre d’une densité émotionnelle rare mêle les traits et qualités du roman historique, de la satire politique et de la fiction littéraire. Elle a fait de son auteur, Drago Jančar, l’une des figures phares de la littérature slovène contemporaine. On ne peut que s’incliner face à la puissance littéraire de ce roman et au travail de sa traductrice, Andrée Lück-Gaye, qui œuvre depuis plusieurs années à faire connaître l’écriture envoûtante de Drago Jančar.

Alors que le pays tout entier s’inquiète de la peste qui approche et du développement des sectes hérétiques, Johannes Ott lutte contre ses propres démons. Isolé dans une masure qu’il vient d’acquérir en bordure du village, il erre comme une ombre entre chiens et loups, scrute le ciel sombre, la terre humide, les yeux de celles et ceux qu’il croise parfois, avide de chaleur humaine et de sérénité intérieure.