Classique

Gabor Takacs-Nagy et le VFCO partent en tournée asiatique

Pour son quart de siècle, le Festival de Verbier envoie son orchestre de chambre en Chine. Petit tour d’horizon

Quel meilleur ambassadeur qu’un orchestre? Et quelle destination plus prometteuse que la Chine? Pour célébrer son quart de siècle, le Festival de Verbier a choisi de rejoindre l’Empire du Milieu, déjà visité il y a vingt ans. Une destination très importante pour sa vitalité et son esprit tourné vers l’avenir.

Gabor Takacs-Nagy, directeur musical de la formation du Verbier Festival Chamber Orchestra (VFCO) depuis 2007, se réjouit de cette tournée importante qui «porte loin le nom du festival et représente une opportunité formidable d’ouverture vers des pays en pleine expansion».

Du 23 mars au 4 avril, les 36 musiciens donneront sous sa baguette huit concerts dans sept villes, dont Pékin à deux reprises et Dubaï en fin de parcours, avec une croisière musicale en point d’orgue.

Fer de lance du festival

Ce genre de déplacement a un objectif artistique, mais aussi politique. «Nous sommes les ambassadeurs du festival dans le monde. C’est une mission très stimulante», précise Gabor Takacs-Nagy. La tradition des tournées du VFCO en Suisse et à l’international est l'un des fers de lance du festival.

Avec cet orchestre constitué aux trois quarts de musiciens professionnels du monde entier, ayant précédemment fait partie de l’Orchestre symphonique de Verbier, et pour un quart de nouveaux jeunes invités à rejoindre les rangs chaque année, la visibilité et la qualité «made in Verbier» font beaucoup pour la réputation du festival.

Comment le programme a-t-il été choisi? «En fonction d’œuvres déjà travaillées puisque nous disposons d’un temps de répétition et de travail restreint. Il faut toujours mélanger les programmes pour varier l’activité des musiciens et proposer une image la plus complète possible de l’orchestre», explique le chef.

Garder l’esprit d’improvisation, l’hypersensibilité et la flexibilité de jeu, comme dans le quatuor à cordes, est pour moi essentiel.

Gabor Takacs-Nagy, directeur musical de la formation du VFCO

«Trois solistes se succéderont sur scène selon les œuvres à l’affiche: le tout jeune violoniste Daniel Losakovich, le pianiste George Li et le violoncelliste Gautier Capuçon. Quant aux œuvres qui se partageront les scènes, elles sont de Mozart, Saint-Saëns, Schubert, Beethoven et Bach.»

Reste l’attitude musicale. Pour Gabor Takacs-Nagy, il s’agit de transmettre une philosophie. «L’écoute, avant tout. Il ne suffit pas de gonfler les décibels ou de jouer les notes le plus vite et le plus techniquement possible. Il faut sentir et interpréter les phrases qui nous sont données, et imaginer l’arc-en-ciel au-dessus d’elles. Garder l’esprit d’improvisation, l’hypersensibilité et la flexibilité de jeu, comme dans le quatuor à cordes, est pour moi essentiel. Le plus important est d’évoluer dans un cadre, pas de s’y cantonner.»

Quelle destination pour les trente ans? «En Amérique latine, aux Etats-Unis, au Canada, en Inde… Des territoires nouveaux ou en devenir…»


Tournée asiatique du VFCO, du 23 mars au 4 avril.

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