GALERE, s.f., Marine, c'est un bâtiment plat, long et étroit, bas de bord, et qui va à voiles et à rames. On lui donne communément vingt à vingt deux toiles de longueur, sur trois de largeur; elle a deux mats qui se desarborent quand il est nécessaire; l'un s'appelle la mestre, et l'autre le trinquet, qui portent deux voiles latines. Les galeres ont de chaque côté vingt cinq à trente bancs, sur chacun desquels il y a cinq ou six rameurs. On y met cinq pieces de canon, savoir deux bâtardes, deux plus petites, et un coursier qui est placé sur l'avant pour tirer par-dessus l'éperon: c'est une piece de gros calibre d'environ 34 livres de balle.

La France a des galeres; le pape, les Vénitiens, les Génois, le roi de Naples et Malthe en ont qui ne sortent point de la mer Méditerranée.

Etats d'armement d'une galere. Arboratures. L'arbre de mestre de 28 goues* de long, de quatre pans de rondeur au petit bout, et de six à sept pans de rondeur au gros bout.

Pour l'antenne de mestre, il faut qu'elle ait 32 goues de long, et son quart 28 goues, et le tout quatre pans et demi de rondeur.

L'arbre de trinquet de 2I goues de long, de quatre pans et demi de grosseur au gros bout, et trois pans au petit bout; l'antenne de 28 goues de long, et trois pans de rondeur, avec son quart de I8 goues de long et de ladite rondeur.

Manœuvres de la mestre. Il faut I60 brasses de cordages de cinq pouces, pour faire les cinq costieres par bande, pesant I0 quintaux.

Trente brasses de six pouces faites en gumenettes pour costieres, pesant deux quintaux 75 livres.

Cent trente brasses de cordages de deux pouces et demi, pour garnir les douze palanquinettes pour les costieres, pesant 200 livres.

Une veste de mestre de quatre pouces et de 80 brasses, pesant quatre quintaux 25 livres.

Une autre semblable.

L'amande mestre de sept pouces et de 30 brasses, pesant environ six quintaux.

Une piece de quatre pouces de 80 brasses pour faire l'oste, pesant quatre quintaux.

Pour le bragot de l'oste de 25 pouces et de 24 brasses, pesant un quintal et demi.

Pour faire les deux oncquits, I20 brasses de trois pouces et demi, pesant quatre quintaux et demi.

Pour les cargues d'avant, 60 brasses de cordages de quatre pouces, pesant quatre quintaux.

Pour le bragot des cargues d'avant, il faut 20 brasses de cordages de 5 pouces, pesant un quintal.

Pour l'orfe nouvelle, 50 brasses de quatre pouces, pesant trois quintaux.

Pour les deux trosses, I2 brasses de quatre pouces, pesant 75 livres.

Pour le caruau, 80 brasses de trois pouces et demi, pesant trois quintaux et demi.

Pour les deux orsepoupes, 80 brasses de quatre pouces, pesant quatre quintaux.

Pour faire les trinquets, 24 brasses de trois pouces, pesant 40 livres.

Pour le prodou de mestre, I60 brasses de cinq pouces, pesant dix quintaux.

Pour l'estrop du prodou, I5 brasses de huit pouces, pesant deux quintaux.

Quatorze chaînes avec leurs bandes et ganches, pour tenir les sarties de mestre, pesant chacune 20 livres.

Deux autres chaînes pour les cargues de la mestre, appellées rides, pesant chacune 20 livres.

Manœuvres du trinquet. Il faut une piece de cordage de I00 brasses, de quatre pouces de grosseur, pour quatre sarties par bande dudit trinquet, pesant cinq quintaux.

Quatre-vingts brasses de deux pouces et demi, pour les huit palanguinettes dudit trinquet, pesant un quintal et demi.

Pour l'isson, une piece de cordage de 80 brasses et de trois pouces et demi, pesant trois quintaux et demi.

Pour l'aman, 20 brasses de quatre pouces et demi, pesant un quintal et demi.

Pour les deux anquis, une piece de 70 brasses et de trois pouces, pesant deux quintaux et demi.

Pour les deux trosses, 20 brasses de trois pouces, pesant 80 livres.

Pour cargue d'avant, 30 brasses de cordages de quatre pouces, pesant un quintal et demi.

Pour les deux orses-poupes, 70 brasses de trois pouces, pesant deux quintaux et demi.

Pour les deux bragots d'orse-poupe, I2 brasses de quatre pouces, pesant 60 livres.

Pour les carguettes, 40 brasses de trois pouces, pesant un quintal et demi.

Pour les deux ostes, 80 brasses de trois pouces, pesant trois quintaux.

Pour le bragot de l'oste, deux brasses de quatre pouces, pesant 60 livres.

Pour le prodou du trinquet, 80 brasses de quatre pouces, pesant quatre quintaux.

Huit chaînes avec les bandes et gandes, pour tenir les sarties dudit trinquet, pesant chacune 20 livres.

Tailles et poulies de mestre. Vingt-quatre tailles, appellées couladoux, garnies de leurs poulies.

Deux tailles pour l'orse-devant, et une pour l'orse-nouvelle.

Quatre masseprets pour les ostes et pour les orses à poupe.

Deux masseprets pour les carvaux.

Les deux tailles de l'arbre de mestre.

Les partegues du tabernacle.

Les deux poulies desdits partegues de bronze avec leurs chevilles de fer.

Trois bigotes et vingt-quatre pattes pour les anquis de mestre.

Deux partegues pour arborer l'arbre de mestre.

Les poulies desdites partegues seront de bronze.

Pour les moisselas où passent les vestes dans le coursier, six pouces de bronze.

Le cousset de l'arbre de mestre aura ses deux poulies de bronze.

Deux partegues pour tirer le caïe de la galere dedans.

Une partegue pour le carvau de la mestre vers le fougon.

Deux partegues pour l'orse à poupe, qui s'attachent sur les apostis.

Les deux tailles du prodou.

Quatre masseprets pour le timon.

Tailles et poulies de trinquet. Seize couladoux pour les sarties de l'arbre du trinquet.

Quatre tailles pour les anquis du trinquet, avec ses bigots et pastres.

Un massepret pour les cargues devant.

Deux masseprets pour les ostes.

Deux masseprets pour les orses à poupe.

Deux autres pour les carvaux.

Deux tailles pour guinder le trinquet.

Deux poulies pour les tailles, qui seront de bronze.

Deux tailles pour le prodou du trinquet.

Deux partegues de retour du trinquet.

Les poulies du cousset du trinquet de bronze, avec son per de fer.

Quatre tailles pour casser la tante.

Soixante-quinze anneaux tant grands que petits.

Voiles de mestre. Le marabou, pour lequel il faut 540 cannes de cotonnine double.

Le maraboutin, pour lequel il faut 360 cannes de ladite cotonnine.

Le tréou, pour lequel I80 cannes de ladite cotonnine.

La bourde, pour laquelle il faut 680 cannes de ladite cotonnine.

Toiles du trinquet. Le trinquet, pour lequel il faut 340 cannes de ladite cotonnine.

La mesanne, pour laquelle il faut 380 cannes de ladite cotonnine.

Pour coudre toutes lesdites voiles, mestre et trinquet, il faut un quintal et demi de fil de voile.

Seize livres de cire pour cirer ledit fil.

Cent quarante journées de femmes pour coudre lesdites voiles.

Un maître qui coupe lesdites voiles, et qui a l'œil pendant qu'elles se font.

Une voile pour le caïe, y compris la toile, fil et façon.

Cordages pour garnir les voiles de mestre. Pour garnir le marabou, un cap de 50 brasses et de sept pouces au gros bout, à queue de rat, pesant trois quintaux.

Pour le maraboutin, un cap de cinq pouces au gros bout, et de 45 brasses, pesant deux quintaux et demi.

Pour garnir le tréou, un cap de quatre pouces et de 40 brasses, pesant deux quintaux et 20 livres.

Pour garnir la boude, un cap de 60 brasses et de huit pouces, pesant cinq quintaux.

Pour escottes de mestre, il en faut deux de sept pouces au gros bout, et de 30 brasses chacune, les deux pesant ensemble six quintaux.

Un cap pour le palan à carguer l'escotte de 40 brasses et de 3 pouces et demi, pesant un quintal.

Canons, armes et munitions de guerre. Un canon de coursier de fonte verte de 33 livres de balle, pesant environ 60 quintaux.

Deux moyens aussi de fonte verte de I2 livres de balle chacun, et pesant chacun cinq quintaux.

Les affuts desdits trois canons avec leurs services.

Quatre gros pierriers de fonte, chacun avec deux boîtes, pesant ensemble six quintaux.

Cent boulets de coursier de 33 livres chacun, faisant ensemble 33 quintaux poids de marc.

Deux cents boulets pour les moyens de I2 livres chacun, faisant ensemble 24 quintaux.

Cent mousquets avec leurs bandolieres.

Cinquante piques.

Vingt-cinq bâtons ferrés.

Trente rondaches ou targues.

Cinquante quintaux de poudre à canon.

Douze quintaux de poudre à mousquet.

Huit quintaux de meche.

Six quintaux de balles de mousquet.

Quatre cents balles de pierre pour les pierriers.

Cordages pour les canons. Un cap pour les canons de quatre pouces et de 80 brasses pour le coursier, pesant quatre quintaux.

*On nomme dans quelqu'endroit «goue» la mesure dont on se sert pour la construction des galeres. La goue a 3 pans ou 3 palmes, et chaque palme revient à 9 pouces, desorte que la goue fait 2 pieds 3 pouces.