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«Game of Thrones» discutée par nos lecteurs

«Le Temps» a invité ses lecteurs à débattre de la série, au terme de sa diffusion. Echos d’une discussion vivante

Pourquoi Game of Thrones (GoT) a-t-elle eu un tel succès? Journaliste et administratrice de la Maison du dessin de presse, Stéphanie Billeter a trois raisons: le soin porté à la production, les moyens ainsi que la confiance entre HBO, l’écrivain des romans originaux, George R. R. Martin, et les scénaristes Benioff & Weiss; la dimension shakespearienne; enfin, le fait qu’elle a capté le public féminin.

C’était dans la grande salle de séance du Temps, mardi soir. Pour la première fois en Suisse et peut-être au-delà, un média réunissait des lecteurs pour parler d’une série, en présence de deux grands témoins. L’historien Olivier Meuwly liste les thèmes brûlants abordés par la série, le choc entre la légalité et de la légitimité, l’importance des histoires nationales – et GoT rencontre soudain les élections européennes de dimanche –, le retour des nations: «Voilà que ces rigolos, avec leur médiéval fantastique, rappellent au monde l’importance de la géostratégie.»


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Une saison «liquidée»

Chez les lecteurs, puisque l’on est au lendemain de la découverte de l’ultime chapitre, prévaut la déception par rapport à cette saison: «Liquidée», «on a l’impression qu’ils voulaient rusher au plus vite», une scène de désignation du nouveau roi «ridicule, on dirait une parodie par 120 Secondes»… Le revirement, ou non, de Daenerys fait aussi débat. Un spectateur attentif relève que le plan où elle apparaît avec les ailes du dragon en arrière-fond évoque des images du Triomphe de la volonté, le film de propagande nazie de Leni Riefenstahl de 1935.

Oui, fait-on observer, mais Daenerys et le dragon (l’arme nucléaire), c’est d’abord une histoire américaine: «On a la bombe, donc on l’utilise au Japon.» «Mais il n’y avait pas eu capitulation, alors», réplique-t-on. Une spectatrice «pas vraiment fan» aime observer la série «comme un reflet de la violence de notre société».

Le difficile rapport aux romans

Autre question, comment évolueront les romans? Un fidèle fait remarquer que George R. R. Martin a déjà tant multiplié les arcs qu’on «ne sait pas très bien où il va».

Au final, conclut un participant, GoT «a provoqué des re-sidérations face à la brutalité du monde. Le cinquième épisode, par exemple, contient des scènes que nous ne voulions pas voir, mais qui renvoient à une réalité de la violence.»

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