GoT

«Game of Thrones»: la musique au cœur du mythe

Comme les dragons et l’hémoglobine, le générique de «Game of Thrones» fait partie intégrante de la série. Retour sur un succès imaginé par le jeune compositeur Ramin Djawadi

Succès planétaire, la série Game of Thrones revient pour une huitième et ultime saison dès le dimanche 14 avril, le lundi en Europe. Nous consacrons une série d'articles à ses derniers flamboiements.

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Ça commence par des cordes légères. Un riff répété, comme une ascension, et des tambours tribaux dans le lointain. Puis le violoncelle fait son entrée, royale et implacable. «Ta, da, tadada, da, tadadaa.» Ces onomatopées suffisent pour que vous l’entendiez, le générique de Game of Thrones (GoT). Tout comme les combats d’épée et les dragons énervés, il fait partie de l’ADN de la série et compte aujourd’hui parmi les mélodies les plus célèbres du petit écran.

Le génie derrière la musique s’appelle Ramin Djawadi. Diplômé du Berklee College of Music, ce jeune compositeur germano-iranien travaillait déjà pour le maître de la bande-son Hans Zimmer lorsqu’il a été invité à imaginer celle de GoT, en 2011. Après visionnement du générique, il reçoit une seule consigne: ne pas utiliser la flûte, trop présente dans les séries de fantasy.

Finalement, la mélodie lui viendra en voiture, sur le chemin du retour. «Mon intention était d’installer une atmosphère, traduire le mystère, l’aventure et le voyage», détaille-t-il dans une interview au magazine Variety. «Le violoncelle, sombre et expressif, offrait le ton parfait.»

Métal et cornemuse

Accompagné d’une animation magnétique, le générique, enregistré dans un studio praguois, marque les esprits dès sa première diffusion. «Sa structure assez simple. Une mélodie aisément mémorisable, un «hit» qu’on peut siffler, et siffler une mélodie permet aussi de prolonger ou de devancer l’expérience du visionnage. Cette simplicité est assez proche des travaux de l’écurie Hans Zimmer, dont est issu Ramin Djawadi», détaille Gérard Dastugue, maître de conférences à la Faculté libre des lettres et des sciences humaines de Toulouse et spécialiste en musiques de films. «Mais ce réflexe-là peut tendre à disparaître, tant les nouvelles habitudes de consommation en binge watching sur des plateformes type Netflix permettent, par exemple, d’enchaîner les épisodes en choisissant de «passer l’intro.»

Celle de GoT, quant à elle, devient un phénomène culturel. Très vite, des reprises pullulent sur le web, en version métal ou cornemuse – mention spéciale pour celle de la garde de Buckingham Palace.

Mais Ramin Djawadi ne s’est pas contenté de mettre en musique l’ouverture de la série. Il a aussi orchestré l’entier des 67 épisodes, imaginant pour chaque bataille et personnage des airs haletants ou inquiétants. Jusqu’à remporter, l’an dernier, un Emmy Award pour son final de la saison 7.

Des compositions qui sortent désormais des salons pour s’inviter dans les salles de concert du monde entier. Depuis deux ans, le Game of Thrones Live Concert Experience propose au public de découvrir la bande-son de la série en mode symphonique, avec écrans et décors légèrement kitsch. Récemment de passage à Zurich, le show sera de retour à Bâle l’an prochain.

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Mais avant cela, l’artillerie mélodique est de sortie pour la saison 8: un orchestre de 60 musiciens, un chœur de 40 voix et un autre d’une douzaine d’enfants. De quoi, assure Ramin Djawadi, faire vivre un final musical «intense et plus épique que jamais».

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