Humour 

Gaspard Proust ne tapine plus mais dézingue toujours

Le plus français des humoristes helvétiques dévoile ces jours une nouvelle version de son spectacle à Genève puis à Lausanne. Personne ne sera épargné

Nous avons tendance à l’oublier, mais Gaspard Proust possède la double nationalité suisso-slovène. Né en Slovénie, il apprend le français à Alger, étudie à HEC Lausanne puis travaille en tant que gestionnaire de fortune en Suisse. Lassé par les zéros qui s’accumulent dans son compte en banque, il se lance dans le one man show, alors qu’il a un peu plus de 30 ans. Son humour, lui, se moque de toutes les professions, de tous les âges et de toutes les origines.

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Repéré par Laurent Ruquier, il fait principalement carrière en France. Faut-il faire oublier ses origines helvétiques pour avoir du succès en France? «Non, nous répond l’intéressé au téléphone, si je suis resté axé sur la politique française, c’est parce qu’elle est plus facile à commenter et plus intéressante que la politique suisse, à mon avis.»

Un touche-à-tout

Hilarant dans l’émission de Thierry Ardisson, Salut les Terriens!, où il balaie l’actualité de son regard cynique de 2012 à 2015, il tourne au cinéma et collabore notamment avec Frédéric Beigbeder dans L’amour dure trois ans (2012) et L’Idéal (2017). Plus étonnamment, il satisfaisait l’année dernière sa passion pour la musique classique dans un spectacle original au cours duquel des concertos de Brahms, Schubert ou Bach étaient entrecoupés par ses saillies acerbes.

Je reste très humble, ironise-t-il, c’est mon côté suisse protestant

Gaspard Proust

Mais son terrain de prédilection, c’est la scène humoristique. Fort de ses succès précédents, notamment son spectacle Gaspard Proust tapine, il présente aujourd’hui une version actualisée de son dernier spectacle, sobrement intitulé Nouveau Spectacle: «Je n’avais pas envie de m’emm… avec des titres compliqués. C’est clair et concis, allons-y.»

Le personnage est toujours le même: subtil et désabusé, impudent et provocateur. «Avant, j’avais surtout réfléchi sur le fond de mon propos, ce que je voulais dire. Je pense que la forme est désormais mieux définie.» Un processus par tâtonnement qui s’effectue depuis les débuts.

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«Contextuel et voué à disparaître»

Lui qui a abandonné le milieu bancaire par lassitude incarne le même rôle sur scène depuis plus de huit ans. Aurait-il enfin trouvé sa voie? «Non, c’est une étape. Et lorsque le public ne répondra plus présent, il faudra bien trouver autre chose.»

Proust, dont une majorité de spectacles affichent déjà complet, est conscient que tout peut rapidement basculer: «Ce que je fais est contextuel et voué à disparaître. D’autres, plus talentueux que moi, ont été oubliés.» L’âge de raison? «Je reste très humble, ironise-t-il, c’est mon côté suisse protestant; Dieu accordera la bénédiction de sa grâce à ceux qui travaillent le plus.»

Décidément, tant dans la vraie vie que sur scène, l’humour noir est indissociable de l’artiste. A croire que le personnage a pris le dessus sur l’homme… «Non, ce n’est pas lui qui me dicte mes choix», assure-t-il.


Gaspard Proust, «Nouveau Spectacle», les 27 et 28 février au Théâtre du Léman à Genève, le 1er mars à la Salle CO2 de La Tour-de-Trême, le 2 mars au Théâtre de Beaulieu à Lausanne. Réservations: www.gaspardproust.com

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