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Il faut bien commencer quelque part (6)

Gauguin, artiste maudit coté en Bourse

Tout l’été, «Le Temps» remonte les chemins tortueux qui ont aidé certains des plus grands artistes à trouver leur voie.

Quand Paul Gauguin (1848-1903) est-il devenu peintre? Difficile à dire. On sait qu’il expose avec les impressionnistes dès 1876, il a alors 28 ans. Et qu’il a une existence déjà bien remplie.

Sa mère est la fille de Flora Tristan, une grande militante socialiste du XIXe siècle qui a fréquenté les utopistes comme Fourier; elle serait descendante d’aristocrates sud-américains, de Simon Bolivar, voire du vice-roi du Pérou. Né à Paris, Paul passe avec elle une petite enfance heureuse à Lima. Son père, un rouge, ne les rejoindra jamais. Il meurt pendant la traversée. Et la famille, ou ce qu’il en reste, doit retraverser l’Atlantique en 1855 pour régler une affaire d’héritage. Elle s’installe à Orléans. Paul suit l’école au Petit Séminaire, puis au lycée. C’est un garçon difficile, colérique, parfois fugueur, sujet aux accès de mélancolie.

Après avoir raté le concours d’entrée à l’Ecole navale, il s’engage comme marin et parcourt le monde. A 23 ans, il quitte la marine, révolté par la situation humiliante des matelots, et se retrouve à Paris où son tuteur, Gustave Arosa, le fait engager comme agent de change. Il se met à dessiner, peint un peu, expose avec les impressionnistes, mais fait surtout des affaires, de bonnes affaires jusqu’au début des années 1880. La bourse s’effondre alors. Paul Gauguin abandonne le métier d’agent de change et décide de se consacrer à la peinture.

La mythologie des vocations irrépressibles a bon dos. On ne devient cependant pas artiste d’un coup de baguette magique ou parce que la place financière parisienne bat de l’aile. Gustave Arosa, qui a installé son pupille dans la finance, est collectionneur; il possède des Delacroix, des Corot, des Courbet. Grâce à lui, Paul Gauguin fréquente quelques-uns des artistes les plus audacieux du moment. Il se lie notamment d’amitié avec Camille Pissarro. Et comme la peinture ne nourrit pas sa famille (il a déjà cinq enfants), il s’en va au Danemark où vivent les parents de son épouse.

Mais l’ambiance est détestable et, en 1885, il abandonne tout ce petit monde pour revenir à Paris. C’est alors le début d’une autre vie, celle qui fait de Gauguin l’un des modèles de l’artiste brûlé par sa passion. Il s’en va à Pont-Aven, en Bretagne, où il rencontre une communauté de jeunes peintres parmi lesquels il fait figure d’homme expérimenté. Il rencontre Van Gogh. Puis c’est le départ pour les îles du Pacifique. Il y mourra en 1903.

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