L’autre jour, Le Canard enchaîné rappelait un principe journalistique inaliénable: «L’exigence de transparence s’arrête à l’orée de la chambre à coucher.» De Gaulle ne s’embarrasse pas de ces pudeurs, puisqu’il commence avec le général au lit avec sa femme, Yvonne (Isabelle Carré), qu’il regarde avec des yeux gourmands. Une ellipse permet de sauter les délices du devoir conjugal pour filer à l’église où les époux communient. Le système du film est en place qui oscille entre la petite histoire et la grande, la vie familiale et le destin de la nation, Jours de France et Historia

On est en 1940. L’Allemagne attaque et le colonel de Gaulle, à la tête de divisions blindées, participe à la bataille de France. Il assiste impuissant à l’avancée des Allemands, affronte un état-major composé de vieilles ganaches défaitistes à la tête desquelles grommelle Pétain, se désole des atermoiements du président du Conseil Paul Reynaud. Révulsé par tant de veulerie, il part à Londres plaider la cause française auprès de Churchill. Pendant ce temps, Yvonne et les enfants, jetés sur les routes de l’exode, réussissent à embarquer pour l’Angleterre. Les retrouvailles tirent des larmes.