Classique

Gautier Capuçon, le violoncelle fauve

A bientôt 38 ans, le violoncelliste français partage sa vie entre les concerts et l’enseignement à la Fondation Louis Vuitton de Paris. Rencontre en amont de son concert avec l’Orchestre philharmonique de Radio France, samedi prochain, à Gstaad

Il tient une classe de violoncelle à la Fondation Louis Vuitton de Paris – une «classe d’excellence», excusez du peu! Il joue magnifiquement de son instrument Goffriller et c’est une star parmi les violoncellistes. Frère cadet du violoniste Renaud, Gautier Capuçon mène une carrière planétaire depuis une quinzaine d’années. Il vient de passer l’été à sillonner les festivals des Etats-Unis (Tanglewood, Ravinia, Blossom, Sun Valley…) avec les grands orchestres américains (Boston et Chicago Symphony) ainsi que le pianiste Jean-Yves Thibaudet. Son jeu félin, fauve, sied à la musique de Saint-Saëns, qu’il jouera samedi prochain au Gstaad Menuhin Festival avec Mikko Franck et l’Orchestre philharmonique de Radio France.

Né à Chambéry, en Haute-Savoie, amoureux du ski comme de la musique, ce père de deux jeunes filles, chaleureux et impétueux, a fait son bonhomme de chemin en passant par les classes de Philippe Muller à Paris et du regretté Heinrich Schiff à Vienne. Avec Schiff, c’étaient des cours concentrés sur cinq journées, de sept à huit heures non-stop, couronnés de soirées où ils cuisinaient ensemble ou allaient au concert. S’associant à des partenaires de premier choix (Yuja Wang, Nicholas Angelich, Frank Braley…), il partage sa vie entre une carrière de soliste et de chambriste. «Je me sens épanoui, dit-il, d’une voix apaisée. Il y a tellement de choses que j’ai envie de faire que j’ai l’impression de n’être qu’au début de ma carrière! La route est longue encore.»